La vente du Rafale à l’Inde : un exemple de rapport de force dans le domaine de l’industrie de l’armement

02-09-2016 dans Matrices stratégiques

La vente du Rafale à l'Inde : un exemple de rapport de force dans le domaine de l’industrie de l’armementDassault Aviation a remporté en janvier 2012 l’appel d’offre lancé en 2007 par le gouvernement indien, devant aboutir sur la vente de 126 avions de combat Rafale, dont 108 fabriqués en Inde après transfert de technologie. L’abandon de l’appel d’offre par le gouvernement indien fin juillet 2015 témoigne de l’implication forte des gouvernements russe et britannique qui ont multiplié les interventions pour faire échouer le projet. Lire la suite…

La polémique sur le marché du médicament non-prescrit et la grande distribution

23-08-2016 dans Matrices stratégiques

La polémique sur le marché du médicament non-prescrit et la grande distributionLes rapports conseillant la suppression du monopole des pharmacies d’officine sur la distribution des médicaments à prescription médicale facultative apparaissent de manière fréquente. Uniquement ces dix dernières années au niveau français, il y eut le rapport Attali en 2008, le rapport de l’Institut de Gestion des Finances en 2012 ou l’avis de l’Autorité de la concurrence publié en 2013, tous préconisant la libéralisation des médicaments d’automédication1 en grandes et moyennes surfaces.

Suite au rapport de l’IGF, Arnaud Montebourg alors Ministre du de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique, s’est déclaré en faveur de l’ouverture de monopole officinal lors de l’été 2014, idée reprise par son successeur Emmanuel Macron dans son projet de loi « Loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques » au même titre que la déréglementation d’autres professions comme les notaires ou les greffiers. Lire la suite…

Le rapport de force entre les industries spatiales américaines et européennes : l’enjeu de la réforme ITAR

22-06-2016 dans Matrices stratégiques

Le rapport de force entre les industries spatiales américaines et européennesDepuis la fin de la guerre froide, les Etats-Unis sont les leaders dans le domaine spatial suite à l’effondrement de leur principal concurrent ; l’URSS. Soucieux de préserver leurs avantages technologiques, économiques et sécuritaires dans ce domaine vis-à-vis de leurs adversaires et ennemis comme la Chine, les Etats-Unis ont opté pour une stratégie de puissance par le contrôle des normes. Ce contrôle est accusé par ses alliés transatlantiques d’être un outil de politique industrielle protectionniste et qui est, par ailleurs, un outil de compétitivité lié à la dépendance technologique des Etats tiers dans le domaine spatial. La guerre économique entre les industries spatiales américaines et européennes est donc effective, tout comme l’utilisation de cet outil normatif non plus dans un souci sécuritaire mais de puissance industrielle. Lire la suite…

Goldman Sachs, une banque de guerre économique

20-05-2016 dans Matrices stratégiques

Goldman Sachs, une banque de guerre économiqueEn 1999, lorsque la création de l’euro est décidée, la Grèce ne peut adhérer à la monnaie unique car elle ne répond pas aux critères rigoureux énoncés par le traité de Maastricht : dette inférieure à 60% du produit intérieur brut (PIB), déficit budgétaire sous les 3%. Le gouvernement grec, dans sa course à l’euro, décide alors de chercher conseil auprès de la banque Goldman Sachs (GS). L’objectif est clair : trouver des moyens astucieux pour rejoindre la zone euro. Athènes veut surtout dissimuler l’ampleur de ses déficits. L’accord avec GS marque le début d’une coopération entre une banque et un État qui allait progressivement muter en rapport de force économique. Ce rapport de force économique fait intervenir plusieurs acteurs agissant sur des scènes différentes. Les deux principaux sont la banque Goldman Sachs (GS) et les gouvernements grecs qui se sont succédés de 2001 à 2015. Autour de ce pilier, s’en articulent d’autres secondaires, émanant de la sphère politique (certains gouvernements de la zone euro et le Parlement européen), économique (la réserve fédérale des Etats-Unis) et sociale (le Financial Times et le Risk Magazine, Der Spiegel). Ces acteurs vont tous jouer un rôle structurant dans le rapport de force économique opposant la banque GS à l’État grec. Lire la suite…

Guerres économiques et de propagandes : 3 questions à Christian Harbulot

05-04-2016 dans Matrices stratégiques

Guerres économiques et de propagandes : 3 questions à Christian Harbulot• Tandis que la guerre des propagandes est à son paroxysme entre Daesh et ses ennemis, quel regard peut-on poser sur la politique propagandiste française ?

La riposte visible est très défensive et s’adresse avant tout à un public très large. L’objectif de sites comme stopjihadisme est de dénoncer l’action de Daesh afin de briser le mythe que ce groupe terroriste essaie de se forger notamment par le biais de sa propagande sur Internet. Les personnes qui sont susceptibles de tomber sous l’influence de Daesh ne se sentent guère concernées par ce type de mise en garde. Elles cherchent justement à échapper aux discours moralisateurs émanant des autorités en lutte contre leur « porte de sortie ». Les sympathisants de Daesh cherchent avant tout un moyen de s’extraire d’un quotidien sans avenir (pour les personnes qui vivent dans des ghettos) ou sans attrait (pour les convertis en crise existentielle). Leur montrer les crimes contre l’humanité commis par Daesh ne les dissuade pas d’adhérer à sa cause. Lire la suite…

Les limites de la politique africaine de la France

05-04-2016 dans Matrices stratégiques

Les limites de la politique africaine de la FranceDonnées générales

Depuis plus d’un an, l’actualité politique des pays d’Afrique francophone a largement tourné autour de la question des changements de constitutions. Les débats engagés sur ces questions ont connu des vicissitudes  et ont  abouti à une accélération des démarches présidentielles qui ont à leur tour enclenché une opposition farouche d’une proportion assez large des populations. Cette opposition est portée par des partis et associations diverses. Loin d’être anodine, la séquence revêt une importance capitale car elle porte en elle les fondements des enjeux stratégiques de l’Afrique de demain et du positionnement des partenaires traditionnels de l’Afrique francophone. Lire la suite…

Renouvellement de la flotte sous-marine australienne : la compétition est-elle biaisée ?

29-03-2016 dans Matrices stratégiques

Renouvellement de la flotte sous-marine australienne : la compétition est-elle biaisée?Investir dans les sous-marins : une tendance globale

En 2009, dans le livre blanc de la défense du gouvernement australien, est annoncée la construction d’une nouvelle classe de submersibles. Il est question d’en faire construire 12 dans les chantiers navals du sud de l’Australie. L’objectif est d’arrêter un design et de pouvoir mettre à flot le premier sous-marin pour 2025. Ce contrat, estimé entre 20 et 30 milliards de dollars est le plus important au monde sans le domaine des sous-marins et sera structurant pour les prochaines décennies à venir. Depuis la fin des années 90, la marine australienne renouvelle ses moyens avec le programme de frégate Anzac (construit sur place) et le programme de navire d’assaut amphibie classe Canberra (construit par Nanvantia et BAE systems). Il devrait y avoir entre 6 et 12 nouveaux sous-marins.
Ces submersibles doivent faire plus de 4000 tonnes et le futur constructeur doit respecter cinq critères prioritaires : des performances permettant des missions océaniques, une industrialisation en Australie, le maintien de la mise en condition opérationnelle (MCO) au-delà de 2040, l’intégration d’un système de management de combat (CMS) américain et la signature d’un accord de gouvernement à gouvernement. Les premières offres des industriels ont déjà été remises au gouvernement australien. La remise d’une seconde offre (offre engageante) est attendue fin novembre, la décision sera prise à la fin du premier trimestre 2016. Ces sous-marins remplaceront la flotte de Collins, fabriquée par les Suédois de Kockums et entrée en service, après des difficultés de mise au point, à partir de 1996. Lire la suite…

La guerre du sable entre Singapour et ses voisins

01-03-2016 dans Matrices stratégiques

La guerre du sable entre Singapour et ses voisinsLe sable, une ressource essentielle non soupçonnée.

Il convient de définir le terme de guerre du sable et d’expliquer en quoi un rapport de force peut s’exercer entre puissances sur cette question du sable. La vague de « bétonnage systématique » qui a été entreprise depuis le 20ème siècle a érigé le sable comme une ressource essentielle dans le monde contemporain. En effet, le sable est un élément constituant du béton armé, lorsqu’il est mélangé au ciment. L’intérêt des constructeurs (entreprises privées et publiques) pour le béton armé, et donc pour le sable, s’explique par le fait que le béton armé permette de grandes performances techniques à un coût relativement bas. Ce matériau a également été plébiscité puisqu’il a semblé pendant très longtemps que le sable, son composant principal, était une ressource quasi infinie et en libre accès. Cependant, l’utilisation massive de sable pour la construction d’infrastructures, mais également à des fins d’agrandissement du territoire, a révélé que cette ressource n’était pas infinie. En moyenne, il faut 200 tonnes de sable pour construire une maison simple. Par ailleurs, il ne s’agit pas d’utiliser n’importe quel sable puisque seul le sable des fonds marins, amené par les vagues sur les plages ou dragué à la lisière des littoraux ou en haute mer, possède la granulosité nécessaire pour, associé avec le ciment, pouvoir constituer du béton armé. Cette particularité a renforcé le caractère essentiel du sable. Pour François-Bernard Huyghe, « la guerre économique, dans le sens employé en Intelligence économique, est l’effort que mène un État pour se procurer ou conserver des ressources rares, éventuellement en relation avec des acteurs publics. Définition à laquelle on peut s’accorder à condition qu’il soit précisé que l’effort en question vise à contrarier une volonté adverse et qu’il suppose un minimum d’agressivité. La guerre économique suppose une violence au moins cachée ou virtuelle – des instruments de contrainte : pas de guerre sans ravage. Pas de guerre non plus sans stratégie générale ». Les différents éléments composant cette définition de la guerre économique se retrouvent tout à fait dans ce cas de la guerre du sable en Asie du Sud-Est. Lire la suite…

L’enjeu du contrôle des plateformes et ressources pétrolières dans la Mer de Chine méridionale

23-02-2016 dans Matrices stratégiques

L’enjeu du contrôle des plateformes et ressources pétrolières dans la Mer de Chine méridionaleActeurs dans des conflits multiséculaires permanents, les désormais République Socialiste du Viêt Nam et République Populaire de Chine (RPC) connaissent depuis plusieurs décennies un litige territorial patent, concernant les archipels Paracels et Spratly en Mer de Chine méridionale. Ces îles révèlent une réalité géostratégique sous-marine par la présence de ressources halieutiques et énergétiques – gaz et pétrole – que chaque Etat revendique comme au sein de leur Zone Economique Exclusive (ZEE). Les Paracels, au nombre de 130 îlots, couvrent alors une surface de 15.000 kilomètres carrés. Les Spratly, pour lesquels se disputent la Chine, le Viêt Nam, le sultanat de Bruneï, la Malaisie et les Philippines, recensent plus de 750 îlots et englobe une ZEE équivalente à la superficie de la Suède. Selon les estimations de l’Agence d’information sur l’énergie (EIA) en 2013, ces réserves maritimes renfermeraient l’équivalent de 11 milliards de barils de pétrole. De plus, la région se situe à proximité du détroit de Malacca, axe maritime très fréquenté entre le Pacifique nord et l’océan Indien (entre 20 et 25% du trafic maritime mondial). Lire la suite…

Le rapport de force agricole entre le Brésil et l’Union Européenne

15-02-2016 dans Matrices stratégiques

Le rapport de force agricole entre le Brésil et l’Union EuropéenneLe contexte

L’Union Européenne (UE) et le Brésil ont des relations diplomatiques depuis 1960, basées sur des liens historiques, culturels, économiques et politiques. Au niveau économique, l’UE est le premier marché extérieur du Brésil, comptant pour 19,5% de son commerce extérieur ; le Brésil est le dixième partenaire commercial de l’UE et le plus important dans la région (33,6% du commerce de l’UE en Amérique du Sud). La structure du commerce entre les deux entités est la suivante : l’UE est historiquement déficitaire, elle importe principalement des produits primaires (48% de produits agricoles) et exporte au Brésil des produits manufacturés. Le Brésil est le premier exportateur de produits agricoles vers UE. Le Brésil est donc un partenaire commercial très important pour l’UE, particulièrement mais pas uniquement pour les questions agricoles. Lire la suite…

Les risques liés aux transferts de technologie à l’industrie aéronautique chinoise

08-02-2016 dans Matrices stratégiques

Les risques liés aux transferts de technologie à l’industrie aéronautique chinoiseLes transferts de technologie (ToT) sont-ils les enfants pauvres de la vision stratégique des entreprises françaises ? Ce système d’échange et/ou de partage de technologie entre deux entités peut répondre à différents enjeux (économiques, politiques, stratégiques). Les ToT apportent des savoir-faire, des connaissances et des techniques aux bénéficiaires. Ils sont très usités dans différents secteurs, comme l’aéronautique. Leur poids dans l’obtention de certains contrats est d’ailleurs déterminant. La règle qui compte en matière de ToT est « Take it or leave it ». Il faut noter que ces transferts se font d’ailleurs surtout sur la technologie de la matière (si ce n’est exclusivement). Les ToT constituent parfois une aubaine pour rivaliser avec les grandes puissances et assurer des succès à l’export dans des marchés difficiles d’accès. Mais ces derniers présentent également des risques compétitifs et en termes de puissance. Les compensations industrielles (offsets) et les autres ToT qui sont accordés afin de remporter des contrats importants peuvent engendrer de nouvelles concurrences, ou du moins renforcer celles qui existent déjà, en permettant aux bénéficiaires d’accroître leurs niveaux de performance technologique et commerciale. Le cas de la Chine est assez révélateur de l’importance des transferts de technologie dans la définition d’une stratégie de développement. Lire la suite…

Les enjeux géoéconomiques sur l’Arctique

01-02-2016 dans Matrices stratégiques

Les enjeux géoéconomiques sur l’ArctiqueL’Arctique, la fin d’un sanctuaire

L’Arctique peut être définie de différentes manières ; pour le géographe, la zone Arctique commence au cercle polaire qui se situe à 2600 kilomètres du pôle Nord et qui correspond à la limite où le soleil ne se lève pas ou ne se couche pas aux solstices. Pour le météorologue, la limite va se situer à la ligne isotherme des 10 degrés, variation de température correspondant à la modification de la flore entre la taïga et la toundra. Enfin, pour le pédologue, la limite est le sol restant gelé toute l’année, le pergélisol.
A cause du réchauffement climatique, on constate depuis une vingtaine d’années une diminution impressionnante de la taille, de l’épaisseur et de la durée de présence de la banquise. Le GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) estime en effet que lorsqu’on parle d’un réchauffement de 2 degrés aux latitudes tempérées, l’impact à moyen terme sur l’Arctique serait d’environ 5 degrés, ce qui entraînera à terme la disparition du pergélisol.
Ainsi, le développement de nouvelles technologies d’exploitation de ressources, l’ouverture de nouveaux passages commerciaux, de nouvelles zones de pêche et la recherche d’accroissement de puissance des grands acteurs mondiaux entraînent une transition d’une vision d’un désert de glace sanctuarisé à une vision utilitaire. On parle alors aujourd’hui d’un « Nouvel Eldorado » ou d’un « Nouveau Moyen-Orient ». Lire la suite…

Les relations entre le Niger et Areva sur la question de l’exploitation des mines d’uranium

25-01-2016 dans Matrices stratégiques

Les relations entre le Niger et Areva sur la question de l’exploitation des mines d’uraniumL’uranium, une ressource essentielle et stratégique

Depuis une dizaine d’années l’offre en minerai d’uranium est bien supérieure à la demande. Cela a pour conséquence une baisse du cours et, partant, de la rentabilité des mines. Certaines sont désormais exploitées à perte, le coût d’extraction étant supérieur au prix de vente. Ce phénomène, accentué par l’arrêt quasi total du parc nucléaire japonais, a pu être limité dans ses effets par le passé au moyen de contrats à long terme, fixant de manière relativement stable le coût d’achat du minerai par les exploitants de centrales aux producteurs. Toutefois, le marché étant devenu de plus en plus instable, les entreprises ont de moins en moins recours à ce type de contrat. Les équilibres économiques et politiques entre les divers acteurs de l’uranium, depuis les pays exploitants jusqu’aux utilisateurs finaux sont donc de plus en plus précaires. Or, l’uranium est une ressource stratégique et vitale pour l’ensemble des acteurs de son industrie. Tant pour les producteurs, qui se servent de leur sous-sol riche en uranium comme moyen de développer leur économie et de faire pencher le rapport de force en leur faveur, que pour les utilisateurs de la ressource dont dépend l’indépendance énergétique et la préservation de leur statut. Lire la suite…

Les offensives commerciales des enseignes allemandes sur le marché européen de la grande distribution

18-01-2016 dans Matrices stratégiques

Les offensives commerciales des enseignes allemandes sur le marché européen de la grande distributionLa guerre entre les marques de la grande distribution est rude et de nombreuses entreprises ont dû se retirer suite à des tentatives échouées d’implantation à l’étranger. Le groupe français Carrefour a ainsi quitté 19 marchés étrangers au cours des 20 dernières années. Son homologue britannique, Tesco, a perdu 1,2 milliard d’euros en 2013 après avoir essayé de pénétrer sur le marché nord-américain. En 2006, Wal-Mart, le géant américain de la grande distribution a renoncé à ses efforts pour conquérir l’Allemagne et la Corée du Sud. Dans ce contexte, la franche réussite d’Aldi et Lidl tient réellement de l’exception.
Ces deux chaînes allemandes sont aujourd’hui considérées comme les leaders de hard discount, offrant la plupart du temps leurs propres marques de produits à des prix défiant toute concurrence. Le groupe Schwarz, propriétaire des marques Lidl et Kaufland, a récemment dépassé Carrefour avec un chiffre d’affaires progressant de 7% par rapport à l’année dernière, et est depuis devenu le plus grand distributeur sur le Vieux Continent. Alors que le duo allemand n’a de cesse d’accroître sa puissance en Europe, les groupes de supermarchés traditionnels ont tendance à se rétracter. Comment expliquerions-nous ce succès ? Lire la suite…

Les limites de la puissance commerciale russe en dehors du domaine énergétique

04-01-2016 dans Matrices stratégiques

Les limites de la puissance commerciale russe en dehors du domaine énergétiqueEn 1991, saigné par une course au armements qu’elle ne pouvait gagner, par une difficile guerre en Afghanistan (1979-1989), une démographie en berne et des problèmes d’alcoolisme hors normes, le géant soviétique implose sans que les Occidentaux n’aient eu à tirer un coup de feu. Tous les attributs géopolitiques de l’URSS s’effondrent et se répartissent en plusieurs républiques indépendantes. Une véritable période de chaos politique et économique s’ensuit. En 1993, l’intervention du Fonds Monétaire International (FMI) en faveur de la Russie vient achever le modèle économique soviétique en détruisant l’ensemble des cadres institutionnels et économiques hérités du système précédent. Le déchainement du libéralisme au sein de la nouvelle entité politique russe a l’effet d’un raz de marée. Il faut attendre 1998 pour que soit donné le coup de grâce, une crise économique majeure déstabilisant un pays déjà bien affaibli. Depuis la chute de l’URSS, la Russie ne connait que crise, conflits et chaos. Lire la suite…

Les Etats-Unis à l’attaque des fleurons de l’économie européenne: l’exemple Volkswagen

10-12-2015 dans Matrices stratégiques

Les Etats-Unis à l'attaque des fleurons de l'économie européenne: l'exemple VolkswagenLe 22 septembre 2015, l’affaire Volkswagen éclate au grand jour suite aux accusations faites par les Etats-Unis. Le groupe est accusé d’avoir trafiqué, entre 2009 et 2015, ses moteurs diesels par l’intermédiaire d’un logiciel afin qu’ils passent les tests de pollution. Le groupe allemand encourt une amende colossale qui pourrait s’élever à presque 16 milliards d’euros. L’agence américaine de protection de l’environnement (EPA) est à l’origine de l’affaire. Une enquête est également menée par le département de la Justice des Etats-Unis. Début 2014, l’université de Virginie-Occidentale est mandatée par l’ONG International Council on Clean Transportation (ICCT) afin d’étudier les émissions de moteurs diesels. Alertée, l’EPA débute en mai 2014 des investigations avec son homologue californien, le California Air Ressources Board (CARB) et en informe le constructeur. Lire la suite…

L’affrontement entre beIN Sports et Canal + sur les droits sportifs

04-12-2015 dans Matrices stratégiques

L’affrontement entre beIN Sports et Canal + sur les droits sportifsFiliale d’Al Jazeera Network, société qatarie, en décembre 2011 est créée Al Jazeera Sports France. Cette dernière modifie son nom fin novembre 2012 pour beIN Sports France. La chaîne de télévision commence alors à s’opposer au Groupe Canal + dans l’acquisition de droits sportifs, tels la Ligue des champions ou l’Euro 2012. Les différentes ligues sportives (Ligue Nationale de Rugby, Ligue de Football Professionnel, etc) sont indirectement des acteurs de cet affrontement. Il leur revient, en effet, de choisir à quelle chaîne est attribuée la diffusion des rencontres sportives. Si l’affrontement des droits ne concernait, avant, que des entreprises françaises (Orange/Canal +), l’arrivée de ce nouvel acteur modifie radicalement le marché. Orange n’avait pas pour but de détruire Canal +, les deux entreprises demeuraient dans un schéma concurrentiel modéré, sain : le rapport de force s’est durci depuis lors. Lire la suite…

Les rapports de force économiques sino-indiens sur le marché automobile régional

27-11-2015 dans Matrices stratégiques

Les rapports de force économiques sino-indiens sur le marché automobile régionalEn recourant aux investissements étrangers directs (IDE), l’Inde accélère son développement en faisant assumer une partie de son coût à la Chine. Celle-ci augmente ses partenariats dans les domaines de l’infrastructure et des hautes technologies pour contrôler les futurs secteurs-clés de l’économie indienne. La compétition dans l’industrie automobile est un des fronts majeurs de cette confrontation économique entre nouveaux entrants. Lire la suite…

Les rapprochements énergétiques entre la Russie et la Serbie

24-11-2015 dans Matrices stratégiques

ALes rapprochements énergétiques entre la Russie et la SerbieLa Serbie, un carrefour énergétique

À la suite des guerres de l’ex-Yougoslavie des années 1990, la région a été totalement remodelée, des pays sont sortis gagnants ou perdants de ce conflit, tant au niveau des frontières, que des questions économiques. La Serbie, historiquement pays moteur de la région va connaître un démembrement de son territoire, de nombreux bombardements, des sanctions contribuant à des pertes de plusieurs milliards d’euros.
Du fait de son emplacement géographique, la Serbie se trouve à l’intersection des corridors paneuropéens IV, VIII et X. Ainsi, les grandes puissances cherchent à contrôler les ressources énergétiques et à s’implanter dans ce pays.
South Stream a été un projet ambitieux et porteur pour la Serbie ; il est aujourd’hui remplacé par le projet TurkStream (même s’il est également paralysé). Ce gazoduc aurait dû créer des milliers d’emplois et voir de nombreux investissements en Serbie. Les travaux avaient commencé, mais à cause des tensions entre la Russie et l’Union européenne, ce projet a été suspendu La Serbie devait recevoir de l’argent lié au transit du Gazoduc. Lire la suite…

Analyse d’un rapport de force, l’huile de palme : Greenpeace VS Nestlé

24-11-2015 dans Culture et influence

Analyse d'un rapport de force, l’huile de palme : Greenpeace VS NestléContexte de la campagne de déstabilisation

Depuis 2010, l’huile de palme représente 25% de la consommation mondiale d’huile, et devient ainsi l’huile la plus consommée au monde. On la produit principalement en Indonésie, Malaisie, Nigéria et Thaïlande, ce qui engendre de grands problèmes de déforestation dans ces régions (selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, elle serait responsable de 17 à 27% de la déforestation en Indonésie et en Malaisie). En réduisant ainsi le milieu de vie de nombreuses espèces protégées, elle a également un impact négatif sur la biodiversité de ces pays. Parmi les espèces protégées concernées, figure notamment l’orang-outan. Depuis lors, de nombreuses ONG, notamment WWF et Greenpeace, interviennent régulièrement auprès des multinationales et les appellent à faire cesser la déforestation liée à leur utilisation d’huile de palme. Un label avait même été créé en 2004, le RSPO (table ronde sur l’huile de palme), censé identifier les produits contenant une huile de palme « durable ». Lire la suite…