L’influence brésilienne sur le continent africain : l’exemple de Petrobas

01-03-2015 dans Industries et souveraineté

L’influence brésilienne sur le continent africain :  l’exemple de PetrobasPetrobras incarne l’emblème du rayonnement brésilien sur le continent africain depuis son arrivée en Angola à la fin des années 1970. La société a annoncé en juin 2013 une joint-venture avec la plus grande banque d’investissement d’Amérique latine, BTG Pactual avec pour objectif de redéfinir sa présence en Afrique à l’aide d’une augmentation de ses capacités financières. Par le détachement de 50% des capitaux de la société au profit d’une autre entreprise nationale, l’État brésilien place la diversification de ses activités industrielles au premier rang des priorités dans la zone. La finalité de la démarche est à la fois économique et diplomatique, entre la création d’un marché mondial de l’éthanol, l’assurance de débouchés économiques pérennes et le désir récurrent d’obtenir un siège au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Cependant, les intérêts du pétrolier sont confrontés à une compétition féroce qui l’oppose aux compagnies pétrolières chinoises (SINOPEC, CNOOC, CNPC) dont l’agressivité est dopée par des investissements étatiques démesurés. S’ajoute à cela la présence sur le territoire depuis 15 ans de quelques 2000 entreprises asiatiques de support, témoins d’un établissement rapide et massif. Lire la suite…

Un cas d’affrontement indirect entre la Chine et les Etats-Unis : la mine de Panguna sur l’île de Bougainville

19-02-2015 dans Industries et souveraineté

Un cas d’affrontement indirect entre la Chine et les Etats-Unis : la mine de PangunaBougainville, 240 000 habitants, est une île du pacifique située entre les Iles Salomon et la Papouasie Nouvelle Guinée (PNG). L’île est connue pour sa mine (Panguna) de cuivre/or/argent qui fut l’une des plus importantes au monde dans les années 80. Elle était gérée par Rio Tinto. Sur base de revendication sociale, culturelle et environnementale, une révolte initiée par l’Armée Révolutionnaire de Bougainville se traduisit par la fermeture du site en 1989. Plusieurs milliers de morts furent décomptés lors des répressions du pouvoir central de PNG (soutenu par l’Australie et des milices commanditées selon certaines sources par la firme Rio Tinto). Depuis 2001, l’île a un statut d’autonomie et d’ici à six ans, un vote d’autodétermination doit décider de son indépendance. Si le site minier rouvrait, les revenus cumulés représenteraient de l’ordre de 2 à 4 fois le PIB actuel de la PNG. La quasi-totalité des sites miniers opérés actuellement en PNG dépendent d’entreprises du Commonwealth, essentiellement australiennes, à l’exception de la mine de Ramu (Nickel) développée en 2009 par une entreprise chinoise (MCC). Depuis trois ans, une bataille s’est engagée sur la réouverture possible du site de Panguna. Cette lutte inclut Rio Tinto, des entreprises Chinoises, des personnalités locales (Mr John Momis ex-ambassadeur de PNG en Chine et actuel Président de la province de Bougainville), ainsi que des officiels du gouvernement de PNG. En fait, ces acteurs ne sont que la partie visible de l’iceberg. Le rapport de force est d’une part entre la République Populaire de Chine (Chine) et les Etats-Unis. Il mêle d’autre part des acteurs de deuxième rang comme l’Australie et de façon plus lointaine la France. Lire la suite…

Les fonds vautours en Afrique

13-02-2015 dans Culture et influence

Les fonds vautours en AfriqueDepuis des décennies, les Etats africains vivent ou plutôt survivent grâce aux prêts accordés soit par d’autres Etats, soit par les organisations internationales (Banque Mondiale, FMI, Club de Paris…). Dans la pratique, ces prêts sont largement accordés contre l’accès aux ressources naturelles (énergétiques, minières…) des pays ou en contrepartie de l’octroi de grands travaux (barrages, routes,…) aux entreprises des pays créanciers. La capacité de remboursement des Etats se base sur une gestion saine des Etats et un accroissement des PNB. Malheureusement, pour un certain nombre de ces Etats, ni l’un ni l’autre ne sont au rendez-vous. Les Etats ne sont plus en mesure d’honorer leurs échéances. C’est alors que les agences de notation dégradent les notes accordées aux Etats. Certains de leurs créanciers préfèrent brader leur créance que d’attendre un hypothétique remboursement même partiel. Selon l’adage bien connu, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Des fonds d’investissement voient dans ces Etats surendettés une opportunité et non un risque. Ces fonds d’investissement, aussi baptisés fonds vautours, rachètent à bas prix la dette des Etats africains en difficulté et au premier prétexte légal intentent une action en justice contre ces Etats pour récupérer le nominal de la dette et parfois même des intérêts en complément. Lire la suite…

Stratégie de puissance russe dans le cyberespace

Stratégie de puissance russe dans le cyberespaceSous couvert de protéger les données personnelles, le président Russe Vladimir Poutine, signe en juillet une nouvelle loi qui oblige les entreprises à héberger d’ici septembre 2016 les données personnelles des résidents russes à l’intérieur des frontières du pays. Cette loi va directement impacter les services en ligne fournis par l’étranger, en particulier certains services américains populaires en Russie tels que Facebook, Twitter et Google. Ces derniers vont devoir installer des datacenters sur le sol russe s’ils souhaitent continuer à fournir légalement leurs services sur ce territoire. Apple, de son côté, va voir ses iPad, iPhone et iMac interdits sur le territoire russe d’ici 2015. En effet, il n’est guère possible d’utiliser ces outils sans les relier à iCloud ou iTunes, services contenant des données personnelles hébergées aux USA et potentiellement accessibles par la NSA. En août, il est même demandé à Apple et à SAP de fournir le code source de leurs systèmes afin de vérifier qu’ils ne contiennent pas de système d’espionnage. Localement, le FSB avait obligé en juin certaines entreprises à chiffrer les données personnelles de leurs clients. Lire la suite…

L’influence de Shinzo Abe sur les Forces d’auto-défenses japonaises

30-01-2015 dans Culture et influence

L’influence de Shinzo Abe sur les Forces d’auto-défenses japonaisesLe 1er juillet 2014, Shinzo Abe a annoncé lors d’une conférence de presse le changement le plus important dans la posture de défense du Japon depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Suite au rapport remis par un Cabinet nommé Advisory Panel on Reconstruction of the Legal Basis for Security, l’idée d’un droit à l’auto-défense collective permettant au Japon de s’engager auprès d’un Etat allié a été évoqué pour la première fois.

Depuis son arrivée au pouvoir au mois de décembre 2012, le premier ministre japonais, inquiété par un environnement régional toujours plus menaçant, n’a jamais dissimulé son ambition de révolutionner le rôle sécuritaire du Japon. Les menaces maritimes et balistiques, représentées respectivement par la Chine et la Corée du Nord, sont devenues le moteur de l’évolution de la politique de défense japonaise. La mise en place de cet Advisory Panel par le gouvernement Abe en est l’un des fruits, et a débouché sur une série de décisions prises afin de réaffirmer le Japon comme une grande puissance. Lire la suite…

La recherche-développement militaire américaine : Vecteur de domination mondiale

25-01-2015 dans Industries et souveraineté

La recherche-développement militaire américaine vecteur de domination mondialeLes USA à l’orée de la 2ème Guerre Mondiale ne disposent pas réellement d’industries de l’armement à l’instar de nombreux autres pays. Tout au long de la guerre les USA vont véritablement devenir l’arsenal des Alliés et pour pourvoir à cet effort gigantesque l’État américain va investir énormément aussi bien dans l’outil de production que dans tous les domaines de la recherche scientifique. Ceci s’appelle de nos jours R&D. À la fin du conflit il leur a fallu continuer cet effort pour tenter d’être toujours devant l’URSS. Pendant quarante-cinq ans cela leur a ainsi permis d’être le leader incontesté du bloc occidental en tirant vers le haut non seulement leur économie mais également celles de leur bloc. Avec l’effondrement de l’URSS, les USA sont devenus la superpuissance mondiale aussi bien militairement qu’économiquement. Voulant garder leur leadership mondial ils se doivent de maintenir leur effort de R&D militaire car qui dispose de la plus forte armée peut contraindre à sa guise aussi bien physiquement que par pression diplomatique. Néanmoins cet effort économique en terme de R&D militaire, même s’il draine des fonds et des moyens humains et industriels spectaculaires, peut aussi bien être vu comme un manque d’investissements dans des domaines de R&D civile tout en sachant que nombre de technologies militaires se retrouvent dans le civil mais que la réciproque est vraie également de plus en plus. Lire la suite…

Cyberespace : arène d’affrontements informationnels et enjeu d’affrontements normatifs

Cyberespace arène d’affrontements informationnels et enjeu d’affrontements normatifsEstonie, Géorgie, Stuxnet, JP Morgan… ces termes évoquent des cyberattaques multiples et appréhendées avec difficultés. Le cyber cristallise des conflits informationnels à plusieurs niveaux : sabotage, espionnage, subversion .

Les acteurs étatiques s’affrontent actuellement sur le droit applicable à ces opérations. La conflictualité informationnelle, cristallisée par le cyberespace, est difficilement appréhendée par le droit international. La difficulté à déterminer le régime applicable (droit de la guerre, pénal…) est complexifiée par la dimension politique que les cyberconflits acquièrent au niveau international ainsi que l’absence de conceptualisation de cette conflictualité dont la nature de la violence, des acteurs et de leurs stratégies défient des principes occidentaux tels que la séparation public-privé, ennemi intérieur-extérieur… Lire la suite…

La prise en compte du changement climatique est-elle un risque ou une opportunité pour l’industrie du nucléaire civil ?

08-01-2015 dans Industries et souveraineté

La prise en compte du changement climatique est-elle un risque ou une opportunité pour l’industrie du nucléaire civilL’accès à l’énergie conditionne les capacités de développement d’un pays et  d’une nation, comme en témoigne l’évolution de l’espérance de vie moyenne en France. De 30 ans en 1790, elle est passée à plus 75 ans en 2013, alors que dans le même temps la consommation individuelle d’énergie a été multipliée par 14. Pour les deux milliards d’êtres humains vivant aujourd’hui sans électricité, l’espérance de vie est de 36 ans, soit un niveau proche de la France il y a deux siècles. En parallèle, l’émission de gaz à  effet de serre a augmenté de manière exponentielle provoquant un réchauffement global de la planète, lui-même source de modifications climatiques majeures.

Les scientifiques pointent depuis deux décennies la responsabilité des activités humaines dans la survenue de  ces évènements, posant ainsi la problématique de la soutenabilité de notre modèle de développement, et notamment la possibilité de fournir à une humanité de plus en plus énergivore une quantité d’énergie suffisante tout en prenant en compte la nécessité désormais reconnue de protéger notre environnement naturel. Lire la suite…

La philanthropie d’influence menée par l’Azerbaïdjan

17-12-2014 dans Culture et influence

La philanthropie d’influence menée par l’AzerbaïdjanEn conflit gelé avec l’Arménie voisine au sujet du Haut-Karabakh, l’Azerbaïdjan lance une offensive de soft-power à destination de qui le voudra et surtout du monde occidental. L’objectif est double : dégager par « des dons » une bonne image du régime de Bakou et rassembler des soutiens diplomatiques pour récupérer l’objet du conflit avec Erevan. Décryptage de cette stratégie à travers l’un des principaux leviers d’influence de Bakou : le bras philanthropique HAF. Lire la suite…

Danone au Bangladesh : Le social business, outil de conquête des marchés BoP (base de la pyramide)

10-12-2014 dans Matrices stratégiques

Le social business de Danone au BengladeshEn 2005, lors d’une visite à Paris de Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix et pionnier du micro-crédit, le PDG de Danone, Franck Riboud, lui propose un entretien. Cette rencontre conduira à la création d’une joint-venture entre les groupes Danone et Grameen sous le nom de Grameen Danone Food Ltd, une société fonctionnant sous le modèle du social business : c’est-à-dire visant un objectif social mais devant rester économiquement viable, sans perte ni profit. Si l’objectif affiché de participer à l’amélioration des conditions de vie des populations bangladaises peut paraître louable, un autre niveau d’analyse laisse suggérer que Danone souhaite surtout profiter de son expérience au Bangladesh pour se développer auprès des marchés BoP asiatiques. Lire la suite…

L’absence de vision stratégique sur la filière hélicoptère en France

04-12-2014 dans Matrices stratégiques

L’absence de vision stratégique sur la filière hélicoptère en France​L’absence de lobbying efficace des directions nationales de l’aviation civile, des constructeurs et exploitants ainsi qu’un manque surprenant de vision stratégique lors de la révision de la réglementation JAR-OPS devenue IR-OPS, relative aux opérations aériennes commerciales, ont abouti à l’adoption d’une réglementation européenne en partie absurde. Les conséquences sur l’emploi, l’économie et les constructeurs de la filière hélicoptère monomoteur seront loin d’être négligeables. Lire la suite…

La Ghana National Petroleum Company GNPC et le pétrole ghanéen

01-12-2014 dans Industries et souveraineté

La GNPC et le pétrole ghanéenDans le livre Echapper à la malédiction des ressources, Macartan Humpreys, Jeffey Sachs et Joseph E. Stigliz décrivent comment les compagnies pétrolières internationales ont historiquement bénéficié d’un savoir ainsi que d’un pouvoir de marchandage asymétriques grâce auxquels ils ont pu exploité largement les ressources pétrolières des pays du Tiers-monde. Néanmoins ils ajoutent que la création de compagnies pétrolières nationales a rééquilibré l’asymétrie du savoir, et la formation de l’OPEP a renversé le pouvoir de marchandage en faveur des pays producteurs de pétrole. Lire la suite…

La nouvelle stratégie spatiale de la Russie

26-11-2014 dans Industries et souveraineté

La nouvelle stratégie spatiale de la RussieCinquante-deux ans après le premier vol habité dans l’espace de Youri Gargarine, la stratégie spatiale de la Russie est à un nouveau tournant. Si les grandes ambitions soviétiques ne sont plus à l’ordre du jour, contraintes budgétaires obligent, l’outil spatial bénéficie d’une nouvelle perception politique, dans le cadre de la  reconquête de la puissance russe voulue par Vladimir Poutine. C’est dans ce contexte que l’Agence Spatiale Fédérale Russe (Roskosmos) a dévoilé le 26 avril 2012 la « Stratégie du développement de l’activité spatiale d’ici à 2030». Pour comprendre les enjeux et la pertinence de cette nouvelle stratégie, il est nécessaire de revenir sur l’évolution de l’industrie spatiale russe depuis l’élection de Poutine en 1999. Lire la suite…

L’influence géoéconomique du Cameroun en Afrique centrale

L’influence géoéconomique du Cameroun  en Afrique centraleLe Cameroun  par sa position géographique qui le place au cœur même de l’Afrique centrale et lui permet en même temps d’assurer la connexion avec l’Afrique de l’Ouest à travers une longue frontière de plus de 1400 km avec le Nigeria. Des pays comme le Tchad et la RCA font transiter par le Cameroun 80 % de leurs importations et exportations. Le secteur des transports génère à lui seul une activité estimée à 15 % du PIB du Cameroun et contribue largement à la croissance du pays. Le Cameroun est le grenier agricole de l’Afrique centrale. Son sous-sol  est riche : pétrole, bauxite, manganèse, uranium, nickel, cobalt, diamant, fer, or, etc. Certains gisements sont exploités, mais le potentiel inexploité demeure important et n’attend que les gros investisseurs étrangers. Lire la suite…

Les réseaux d’influence de Boeing

OLes réseaux d’influence de BoeingLe marché actuel de la construction aéronautique se caractérise par un affrontement duopolistique entre Boeing, entreprise américaine, et Airbus (EADS), entreprise européenne. Boeing était en situation de monopole sur le marché jusqu’au début des années 90, mais l’arrivée d’Airbus a profondément modifié la stratégie de Boeing qui a du faire face à une concurrence très forte sur des appels d’offres qui lui étaient jusqu’alors acquis. Les réseaux d’influence et de lobbying ont donc une très grande importance dans un marché caractérisé par des coûts extrêmement élevés et qui symbolise l’affrontement USA-UE.

Il est évident que les Etats-Unis bénéficient d’un réseau d’influence puissant auprès des organisations internationales. Le constructeur américain profite évidemment de cette influence pour remporter des appels d’offres dans le monde mais la culture américaine du lobbying ajoute également un avantage considérable alors que les champs de bataille se déplacent de plus en plus vers les domaines légaux, économiques et politiques. Obama a même présidé, en personne, la signature d’un contrat de livraison d’avions civils entre Boeing et la compagnie aérienne indonésienne, Lion Air, d’une valeur de 35 milliards de dollars. Lire la suite…

O Globo, le cheval de Troie d’Amérique du Sud

O Globo, le cheval de Troie d’Amérique du SudDans la course de la télévision numérique, quatre normes se disputent le marché mondial. Face à l’échec de déploiement des normes américaine et chinoise, l ‘Europe a gagné la plupart des marchés d’Asie et d’Afrique. Mais en Amérique du Sud son influence s’est diluée, grâce au lobby indirect d’un groupe multimédia local, qui a poussé la plupart des pays de la région vers la norme japonaise. Depuis la fin des années 90, les US, l’Europe et le Japon, ont tenté de séduire les pays sud-américains en promettant des investissements, et des financements pour l’implantation de leurs normes tout en y déployant un fort lobby diplomatique et corporatif.  Du côté européen, en plus des visites de hauts fonctionnaires de l’UE, l’armée conformée par Siemens, Nokia, Telecom Italia et Telefónica de España, a travaillé en étroite collaboration avec leurs filiales et actionnaires locaux.  Les échos et la sensation de triomphe se sont fait sentir. La norme européenne de TV numérique DVB-T, adoptée par la plupart des pays du monde, était devenue la candidate idéale pour les pays d’Amérique du Sud lesquels, développant une nouvelle tendance anti-américaine, abandonnent la norme ATSC soutenue auparavant.  Toutefois, l’ISDB-T japonaise a réussi à conquérir un marché qui, à présent, regroupe 80% de la population de l’Amérique du Sud. Comment une norme apparemment isolée, implantée dans un seul pays au monde au moment de sa promotion régionale, a été adoptée par le Brésil, l’Argentine, le Chili, le Pérou et le Venezuela ?  De la main des gouvernements brésilien et japonais, O Globo, fière d’être la quatrième entreprise mondiale de télévision en terme d’audience -derrière les trois géants américains NBC, CBS et ABC-, a déployé une stratégie d’implantation de la norme japonaise. Lire la suite…

Edito : L’influence américaine dans le dispositif européen du TTIP

05-11-2014 dans Culture et influence

Traité de libre-échange Europe - TTIPDepuis juillet 2013, l’Union Européenne (UE) a entamé des négociations avec les Etats-Unis (USA) afin de conclure un accord commercial de libre-échange entre l’UE et les USA en 2015. Cet accord, baptisé « Transatlantic Trade and Investment Partnership »  (TTIP soit « Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement ») a donc pour objectifs de réduire, voire supprimer les droits de douane, d’uniformiser les réglementations de part et d’autres de l’Océan atlantique, d’ouvrir les marchés pour les services, l’investissement et les marchés publics et de mettre en place un mécanisme de règlements des différents entre entreprises et Etats.
Les différents éléments du mandat de négociations n’ont été diffusés que tardivement (9 octobre 2014) et partiellement. De façon générale, ces négociations restent opaques pour la plupart des élus des États membres et du grand public, contrairement à ce qui a été affirmé récemment par la Commission européenne, alors même que ce Traité engagera la vie économique et sociale de millions d’européens à long terme.
Les enjeux de ce traité pour les Etats membres de l’UE nécessite débat démocratique et transparence à tous les niveaux. Or le constat est que ni l’un ni l’autre n’existent.
Une réelle démarche de transparence serait en premier lieu de permettre au grand public de savoir qui sont les négociateurs mandatés par l’UE pour mener les négociations. Lire la suite…

Les risques et les opportunités liés à la signature d’un traité de libre-échange Europe – Etats-Unis

20-10-2014 dans Industries et souveraineté

Traité de libre-échange Europe - Etats-Unis

Le surgissement en début d’année 2013 de négociations sur un accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Europe, le TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership), a provoqué de vives réactions et des prises de position très divergentes entre partisans et détracteurs de ce traité. Perçu par les uns comme une opportunité pour relancer des économies malades, voire une continuité de l’alliance euro-américaine, il est décrié par d’autres pour son opacité, ou pour sa mise au service de multinationales, qui y gagneraient par l’abaissement des normes règlementaires notamment. Il permettrait en effet d’implémenter des règles communes participant à la réduction des coûts pour les entreprises, tout en conservant des normes élevées ainsi que l’établissement de normes mondiales pour le commerce et l’industrie ; normes qui deviendraient alors des standards du commerce mondial par le volume des flux qu’elles encadreraient, obligeant ainsi les autres partenaires à un alignement, parfois intenable. Lire la suite…

Edito : Influence, l’exception culturelle française

02-10-2014 dans Culture et influence

Influence, l'exception française

Les Français se rendent compte régulièrement que leur culture de l’influence commerciale est infiniment moins développée que celle de leurs voisins britanniques.

Cette constatation débouche généralement sur la recommandation suivante : la France doit rattraper rapidement le retard pris au cours des années afin d’être enfin à la hauteur de ses alliées ultramarines. C’est peut être oublier ici que les stratégies d’influence, loin d’être nées du hasard, sont les témoins d’une culture très ancienne qu’il serait parfaitement vain de prétendre redresser à l’aune des modes du temps.

Si l’on considère les stratégies françaises de l’influence, il s’avère que celles-ci ont été parfaitement efficaces dans deux domaines : la sphère culturelle et le champs politique. Même si l’on peut distinguer les hommes qui exercent effectivement le pouvoir de ceux qui soufflent leurs pensées à d’autres, le pouvoir et l’influence sont intimement liés. Ils s’inscrivent surtout dans une culture profonde. Celle-ci est militaire et aristocratique en France. Ceci explique que les Français aient excellé dans les cabales et intrigues littéraires d’une part et dans les camarillas politiques de l’autre. Lire la suite…

Edito : La dimension géoéconomique de Taiwan

03-09-2014 dans Industries et souveraineté

Dimension géoéconmique du taiwan La République de Chine a été fondée en Chine continentale en 1912. Elle est battue par l’armée communiste de Mao Zedong qui proclame la création de la Chine Populaire en octobre 1949. Chiang Kaï-chek, le Président, son gouvernement et les adhérents du parti politique Kuomintang (KMT) se replient alors sur l’’île de Taïwan reprise au Japon 4 ans plus tôt.

Cette petite île de 36.000 km2 est en 1949 l’un des pays les plus pauvres du monde. Aujourd’hui, avec ses 23 millions d’habitants, Taïwan est devenue la 6ème économie en Asie et la 24ème économie mondiale. Avec un PIB de 474 milliards USD en 2012 soit un PIB/hab en parité de pouvoir d’achat de 38.500 USD, supérieur à celui de la France (35.520 USD), Taïwan compte parmi les économies les plus avancées.

Taïwan, la Corée du Sud, Hong-Kong, et Singapour sont les « 4 dragons asiatiques » qui se sont industrialisés de façon accélérée depuis 1950 et ont connu une croissance spectaculaire grâce au commerce extérieur.

Lire la suite…