La politique de reconquête de souveraineté de Victor Orbán en Hongrie

01-06-2015 dans Matrices stratégiques

La politique de reconquête de souveraineté  de Victor Orbán en HongrieAu pouvoir depuis 2010, après une première expérience en 1998, la politique menée par la Fidesz et son leader Viktor Orbán s’est caractérisée par des mesures fortes en faveur d’une centralisation du pouvoir et des intérêts nationaux. Dans son argumentaire, Orbán fait le constat d’une Europe au modèle libéral failli, qui a couté cher à la Hongrie. Il promeut donc un modèle unique à la Hongrie, en marge de la politique des autres Etats membres.
Cette politique suscite régulièrement le mécontentement des autorités européennes et des gouvernements nationaux qui lancent régulièrement des procédures d’infractions à l’égard de la Hongrie. Les multinationales, qui souffrent de politiques économiques discriminatoires, pressent l’UE à plus de fermeté. Mais jusqu’à présent, la Hongrie flirte avec la ligne jaune sans réelles conséquences, au nom de la reconquête de sa souveraineté nationale. Seuls les Etats-Unis ont haussé le ton le 17 octobre 2014, en interdisant l’entrée sur leur territoire de certains proches du gouvernement accusés de corruption. Dénoncé à l’Ouest, Orbán a trouvé de nouveaux alliés dans le cadre de sa politique de « réorientation vers l’Est », en resserrant les liens avec la Russie et la Chine. Lire la suite…

Hong Kong : une puissance asiatique sous influence

07-05-2015 dans Culture et influence

Hong Kong : une puissance asiatique sous influenceEn 1839, la première guerre de l’opium éclate à Hong Kong. Ce conflit militaire, motivé par des raisons commerciales entre le Royaume-Uni et l’empire Qing en Chine est considéré comme la première manifestation du déclin de l’Empire de Chine, incapable de résister à l’Occident.
Les Britanniques conquièrent Hong Kong (alors un avant-poste mineur) et en font une tête de pont. Ils capturent le fort qui gardait l’embouchure de la rivière des Perles — la voie maritime entre Hong Kong et Guangzhou. C’est l’instauration d’une domination britannique sur cette région du monde avec le commerce de l’opium qui doublera en 25 ans. Lire la suite…

La culture au service de la puissance sud-coréenne

28-04-2015 dans Culture et influence

La culture au service de la puissance sud-coréenneEn 1954, au lendemain de la guerre de Corée, le pays du miracle sur la rivière Han était une nation dévastée, sans infrastructures ni ressources. L’économie coréenne s’est cependant développée rapidement, soutenue par une longue tradition autoritaire incarnée par Syngman Rhee (1948-1960), Park Chung-Hee (1962-1979) et Chun Doo-Hwan (1980-1988). Tous trois ont érigé le redressement économique comme priorité nationale et ont pour cela choisi de miser sur les forces vives du pays.
La Corée du Sud ayant peu de ressources naturelles, les présidents Rhee et Park ont parié sur le développement du capital humain en réformant en profondeur le système éducatif coréen. Le taux d’alphabétisation est alors passé de 22 % à 87,6 % de 1945 à 1970, et l’accès aux enseignements secondaire et supérieur s’est progressivement démocratisé.
Selon Randall S. Jones, chaque phase d’investissement a nourri la croissance de la Corée et a permis son succès actuel en tant qu’économie du savoir.
Aujourd’hui 14ème puissance économique mondiale selon la Banque Mondiale, la République de Corée souffre toujours d’un déficit d’image projeté par son voisin du nord. Afin d’en contrer les effets négatifs, notamment économiques, elle cherche à se différencier et a choisi de déployer une véritable stratégie en terme de rayonnement. Lire la suite…

Le cas exemplaire de l’échec de Rupert Murdoch en Chine continentale

19-04-2015 dans Matrices stratégiques

Le cas exemplaire de l’échec de Rupert Murdoch  en Chine continentaleCe cas exemplaire d’affrontement entre un Etat communiste et  une multinationale américaine met en valeur l’opposition entre deux visions politiques et culturelles, opposées, autocentrées et hermétiques du monde, d’un pays aux coutumes millénaires replié sur lui-même depuis cinquante ans face à un entrepreneur capitaliste multimilliardaire et confiant, originaire d’un pays jeune exerçant un pouvoir hégémonique sur les relations internationales depuis la Seconde Guerre Mondiale. En contrant le symbole de la réussite capitaliste américaine sur son territoire, le gouvernement chinois envoie un signal au reste du monde : il reste la clef de voute du système. Tout investissement étranger ne pourra se réaliser sans son accord. L’ouverture économique ne rimera pas avec laisser-faire, surtout sur le plan culturel et idéologique. En conservant une économie chinoise encadrée par un système politique et non l’inverse, le gouvernement chinois impose aussi un modèle d’ouverture différent de celui de l’Europe de l’Est. Lire la suite…

L’énergie : axe d’accroissement de puissance de la Turquie

08-04-2015 dans Matrices stratégiques

L’énergie : axe d’accroissement de puissance de la Turquie

Véritable pont entre l’Europe et l’Asie, la Turquie a une importance stratégique majeure à plusieurs égards. Positionnée aux côtés des Etats-Unis durant la Guerre Froide, et même membre de l’OTAN, la Turquie avait déjà un rôle très important durant le conflit comme point pivot de la stratégie de l’OTAN dans la région.  Avec la chute de l’URSS, la Turquie a vu s’offrir un nouveau rôle et avec lui de nouvelles opportunités.

Présentation des acteurs et du rapport de force

Placée entre l’Europe, la Russie, les pays producteurs de pétroles avec qui elle partage ses frontières (Iran et Azerbaïdjan) et les Etats-Unis qui ne sont jamais loin dans la région, la Turquie fait face à des enjeux économiques, politiques et diplomatiques complexes.
La Turquie importe 60% de son gaz naturel et 12% de son pétrole de Russie, ce qui la rend très dépendante de Moscou sur le plan énergétique. Seulement, Ankara bénéficie d’une position géostratégique. Elle est en effet voisine d’une région où se trouvent 70% des ressources hydrocarbures mondiales. Ses relations privilégiées avec des pays comme l’Iran et l’Azerbaïdjan, ou encore le Turkménistan et le Kazakhstan lui offrent des solutions pour diversifier ses partenaires énergétiques.
De plus, l’Europe grande consommatrice d’hydrocarbures, et dans une relation toujours délicate avec Moscou, cherche à se rendre moins dépendante du géant russe qui est son principal fournisseur d’énergie. Ainsi, la Turquie devient un corridor énergétique de premier plan pour acheminer le gaz et le pétrole des pays producteurs. Lire la suite…

Les labels de certification face au devoir de probité

Les labels de certification face au devoir de probitéLa journaliste scientifique Valérie Borde, conférencière et spécialiste des questions d’éthique environnementale a commis dernièrement un article sur l’affaire qui secoue aujourd’hui le microcosme de l’industrie de l’exploitation forestière.

Alors que la compagnie forestière PFR vient de perdre un contrat majeur de fourniture en raison d’une attaque de Greenpeace sur sa production, et notamment en raison d’une absence de certification FSC, la société a mis 85 de ses collaborateurs au chômage. Lire la suite…

Les techniques d’influence de la Banque Centrale Européenne

31-03-2015 dans Matrices stratégiques

Les techniques d’influence  de la Banque Centrale EuropéenneDepuis 1999, la politique monétaire des pays de la zone euro a été complètement transférée à une institution supranationale: la Banque Centrale Européenne (BCE). Cet organisme a une place originale dans les dispositifs européen car il fonctionne de manière totalement indépendante tout en ayant une mission restreinte mais contraignante pour les pays membres: assurer la relative stabilité des prix. Cette position particulière, loin d’être un handicap, est devenue pour lui un atout. Si son indépendance et le manque de contrepoids supranational suscite régulièrement de vifs débats, a contrario aucune étude n’a, à ce jour, cherchée à comprendre comment au-delà de sa mission de stabilité monétaire, la BCE a acquis un poids politique et une influence sur la conduite des affaires économiques et sociales. Les crises économiques mondiales de 2008 et Européenne de 2011 ont conduit à une remise en cause des mécanismes du capitalisme financier global et européen. Comme d’autres banques centrales en temps de crise, la BCE a su saisir cette opportunité pour accroître sa puissance, de par sa position de prêteur de dernier ressort, véritable garant de l’existence économique de la zone euro. Pour poursuivre sa politique de puissance, elle doit composer avec d’autres acteurs d’importance : les autres banques centrales, les gouvernements, et les institutions de l’Union Européenne. Lire la suite…

Positionnement de puissance de Gazprom en Allemagne

26-03-2015 dans Matrices stratégiques

Positionnement de puissance de Gazprom en Allemagne« Le bras armé de Moscou » – c’est le nom que les Occidentaux ont donné à l’entreprise gazière russe Gazprom. La possibilité de contrôler l’approvisionnement d’énergie est effectivement une source de pouvoir. De façon certaine le gouvernement russe a un réel intérêt dans le contrôle des échanges de gaz avec les pays européens et s’inscrit dans une situation de quasi monopole énergétique sur le continent à long terme. Aucune décision n’est prise sans l’accord préalable de Poutine, qui en tant que joueur d’échecs prévoyant prépare toujours en amont son champ de bataille : ses vassaux sont partout. Dmitri Medvedev, par exemple, est l’ancien président du conseil d’administration de Gazprom et le bras droit du président aujourd’hui. Lire la suite…

La problématique de puissance des Emirats Arabes Unis

16-03-2015 dans Culture et influence

La problématique de puissance des Emirats Arabes UnisLes EAU se sont tenus à l’écart des turbulences provoquées par les transitions arabes en instaurant de nombreuses réformes dans leur système politique. De plus, les décideurs émiriens ont multiplié les mesures économiques et sociales afin de garantir la stabilité du pays.
Cette fédération a fait l’objet d’un développement spectaculaire depuis une vingtaine d’années avec un PIB de 387 Mds $ en 2013. L’émirat d’Abou Dhabi composant à lui seul 60% du PIB total du pays, détient l’essentiel de la production d’hydrocarbure et gère au travers de plusieurs fonds souverains comme ADIA, ADIC ou la Mubadala development company, la quasi-totalité de l’épargne pour les générations futures. Abou Dhabi finance un modèle de développement destiné à préparer l’après-pétrole, centré sur l’industrie, les hautes technologies, la culture et la connaissance. L’émirat de Dubaï a quant à lui axé son développement sur sa position privilégiée de plate-forme commerciale – dont un port et un aéroport comptent parmi les plus importants du monde – avant de se spécialiser dans les services, l’immobilier et le tourisme. Il souhaite également faire de la cité-Etat un « hub mondial » pour la finance et « l’économie islamique ».
La préparation de l’après pétrole, ainsi que l’environnement régional instable du monde arabe et particulièrement l’Iran, constitue une forte préoccupation pour les Emirats arabes unis, pays de taille moyenne, faiblement peuplé et entouré de voisins puissants. Face à ce contexte régional difficile, et afin de contribuer à sa volonté de stabilité, croissance et diversification,Abou Dhabi montre à travers ces investissements, guidés par ses fonds souverains,une réelle stratégie balayant plusieurs volets de l’accroissement de puissance. Lire la suite…

L’influence brésilienne sur le continent africain : l’exemple de Petrobas

01-03-2015 dans Industries et souveraineté

Petrobas : L’influence brésilienne sur le continent africainPetrobras incarne l’emblème du rayonnement brésilien sur le continent africain depuis son arrivée en Angola à la fin des années 1970. La société a annoncé en juin 2013 une joint-venture avec la plus grande banque d’investissement d’Amérique latine, BTG Pactual avec pour objectif de redéfinir sa présence en Afrique à l’aide d’une augmentation de ses capacités financières. Par le détachement de 50% des capitaux de la société au profit d’une autre entreprise nationale, l’État brésilien place la diversification de ses activités industrielles au premier rang des priorités dans la zone. La finalité de la démarche est à la fois économique et diplomatique, entre la création d’un marché mondial de l’éthanol, l’assurance de débouchés économiques pérennes et le désir récurrent d’obtenir un siège au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Cependant, les intérêts du pétrolier sont confrontés à une compétition féroce qui l’oppose aux compagnies pétrolières chinoises (SINOPEC, CNOOC, CNPC) dont l’agressivité est dopée par des investissements étatiques démesurés. S’ajoute à cela la présence sur le territoire depuis 15 ans de quelques 2000 entreprises asiatiques de support, témoins d’un établissement rapide et massif. Lire la suite…

Un cas d’affrontement indirect entre la Chine et les Etats-Unis : la mine de Panguna sur l’île de Bougainville

19-02-2015 dans Industries et souveraineté

Un cas d’affrontement indirect entre la Chine et les Etats-Unis : la mine de PangunaBougainville, 240 000 habitants, est une île du pacifique située entre les Iles Salomon et la Papouasie Nouvelle Guinée (PNG). L’île est connue pour sa mine (Panguna) de cuivre/or/argent qui fut l’une des plus importantes au monde dans les années 80. Elle était gérée par Rio Tinto. Sur base de revendication sociale, culturelle et environnementale, une révolte initiée par l’Armée Révolutionnaire de Bougainville se traduisit par la fermeture du site en 1989. Plusieurs milliers de morts furent décomptés lors des répressions du pouvoir central de PNG (soutenu par l’Australie et des milices commanditées selon certaines sources par la firme Rio Tinto). Depuis 2001, l’île a un statut d’autonomie et d’ici à six ans, un vote d’autodétermination doit décider de son indépendance. Si le site minier rouvrait, les revenus cumulés représenteraient de l’ordre de 2 à 4 fois le PIB actuel de la PNG. La quasi-totalité des sites miniers opérés actuellement en PNG dépendent d’entreprises du Commonwealth, essentiellement australiennes, à l’exception de la mine de Ramu (Nickel) développée en 2009 par une entreprise chinoise (MCC). Depuis trois ans, une bataille s’est engagée sur la réouverture possible du site de Panguna. Cette lutte inclut Rio Tinto, des entreprises Chinoises, des personnalités locales (Mr John Momis ex-ambassadeur de PNG en Chine et actuel Président de la province de Bougainville), ainsi que des officiels du gouvernement de PNG. En fait, ces acteurs ne sont que la partie visible de l’iceberg. Le rapport de force est d’une part entre la République Populaire de Chine (Chine) et les Etats-Unis. Il mêle d’autre part des acteurs de deuxième rang comme l’Australie et de façon plus lointaine la France. Lire la suite…

Les fonds vautours en Afrique

13-02-2015 dans Culture et influence

Les fonds vautours en AfriqueDepuis des décennies, les Etats africains vivent ou plutôt survivent grâce aux prêts accordés soit par d’autres Etats, soit par les organisations internationales (Banque Mondiale, FMI, Club de Paris…). Dans la pratique, ces prêts sont largement accordés contre l’accès aux ressources naturelles (énergétiques, minières…) des pays ou en contrepartie de l’octroi de grands travaux (barrages, routes,…) aux entreprises des pays créanciers. La capacité de remboursement des Etats se base sur une gestion saine des Etats et un accroissement des PNB. Malheureusement, pour un certain nombre de ces Etats, ni l’un ni l’autre ne sont au rendez-vous. Les Etats ne sont plus en mesure d’honorer leurs échéances. C’est alors que les agences de notation dégradent les notes accordées aux Etats. Certains de leurs créanciers préfèrent brader leur créance que d’attendre un hypothétique remboursement même partiel. Selon l’adage bien connu, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Des fonds d’investissement voient dans ces Etats surendettés une opportunité et non un risque. Ces fonds d’investissement, aussi baptisés fonds vautours, rachètent à bas prix la dette des Etats africains en difficulté et au premier prétexte légal intentent une action en justice contre ces Etats pour récupérer le nominal de la dette et parfois même des intérêts en complément. Lire la suite…

Stratégie de puissance russe dans le cyberespace

Stratégie de puissance russe dans le cyberespaceSous couvert de protéger les données personnelles, le président Russe Vladimir Poutine, signe en juillet une nouvelle loi qui oblige les entreprises à héberger d’ici septembre 2016 les données personnelles des résidents russes à l’intérieur des frontières du pays. Cette loi va directement impacter les services en ligne fournis par l’étranger, en particulier certains services américains populaires en Russie tels que Facebook, Twitter et Google. Ces derniers vont devoir installer des datacenters sur le sol russe s’ils souhaitent continuer à fournir légalement leurs services sur ce territoire. Apple, de son côté, va voir ses iPad, iPhone et iMac interdits sur le territoire russe d’ici 2015. En effet, il n’est guère possible d’utiliser ces outils sans les relier à iCloud ou iTunes, services contenant des données personnelles hébergées aux USA et potentiellement accessibles par la NSA. En août, il est même demandé à Apple et à SAP de fournir le code source de leurs systèmes afin de vérifier qu’ils ne contiennent pas de système d’espionnage. Localement, le FSB avait obligé en juin certaines entreprises à chiffrer les données personnelles de leurs clients. Lire la suite…

L’influence de Shinzo Abe sur les Forces d’auto-défenses japonaises

30-01-2015 dans Culture et influence

L’influence de Shinzo Abe sur les Forces d’auto-défenses japonaisesLe 1er juillet 2014, Shinzo Abe a annoncé lors d’une conférence de presse le changement le plus important dans la posture de défense du Japon depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Suite au rapport remis par un Cabinet nommé Advisory Panel on Reconstruction of the Legal Basis for Security, l’idée d’un droit à l’auto-défense collective permettant au Japon de s’engager auprès d’un Etat allié a été évoqué pour la première fois.

Depuis son arrivée au pouvoir au mois de décembre 2012, le premier ministre japonais, inquiété par un environnement régional toujours plus menaçant, n’a jamais dissimulé son ambition de révolutionner le rôle sécuritaire du Japon. Les menaces maritimes et balistiques, représentées respectivement par la Chine et la Corée du Nord, sont devenues le moteur de l’évolution de la politique de défense japonaise. La mise en place de cet Advisory Panel par le gouvernement Abe en est l’un des fruits, et a débouché sur une série de décisions prises afin de réaffirmer le Japon comme une grande puissance. Lire la suite…

La recherche-développement militaire américaine : Vecteur de domination mondiale

25-01-2015 dans Industries et souveraineté

La recherche-développement militaire américaine vecteur de domination mondialeLes USA à l’orée de la 2ème Guerre Mondiale ne disposent pas réellement d’industries de l’armement à l’instar de nombreux autres pays. Tout au long de la guerre les USA vont véritablement devenir l’arsenal des Alliés et pour pourvoir à cet effort gigantesque l’État américain va investir énormément aussi bien dans l’outil de production que dans tous les domaines de la recherche scientifique. Ceci s’appelle de nos jours R&D. À la fin du conflit il leur a fallu continuer cet effort pour tenter d’être toujours devant l’URSS. Pendant quarante-cinq ans cela leur a ainsi permis d’être le leader incontesté du bloc occidental en tirant vers le haut non seulement leur économie mais également celles de leur bloc. Avec l’effondrement de l’URSS, les USA sont devenus la superpuissance mondiale aussi bien militairement qu’économiquement. Voulant garder leur leadership mondial ils se doivent de maintenir leur effort de R&D militaire car qui dispose de la plus forte armée peut contraindre à sa guise aussi bien physiquement que par pression diplomatique. Néanmoins cet effort économique en terme de R&D militaire, même s’il draine des fonds et des moyens humains et industriels spectaculaires, peut aussi bien être vu comme un manque d’investissements dans des domaines de R&D civile tout en sachant que nombre de technologies militaires se retrouvent dans le civil mais que la réciproque est vraie également de plus en plus. Lire la suite…

Cyberespace : arène d’affrontements informationnels et enjeu d’affrontements normatifs

Cyberespace arène d’affrontements informationnels et enjeu d’affrontements normatifsEstonie, Géorgie, Stuxnet, JP Morgan… ces termes évoquent des cyberattaques multiples et appréhendées avec difficultés. Le cyber cristallise des conflits informationnels à plusieurs niveaux : sabotage, espionnage, subversion .

Les acteurs étatiques s’affrontent actuellement sur le droit applicable à ces opérations. La conflictualité informationnelle, cristallisée par le cyberespace, est difficilement appréhendée par le droit international. La difficulté à déterminer le régime applicable (droit de la guerre, pénal…) est complexifiée par la dimension politique que les cyberconflits acquièrent au niveau international ainsi que l’absence de conceptualisation de cette conflictualité dont la nature de la violence, des acteurs et de leurs stratégies défient des principes occidentaux tels que la séparation public-privé, ennemi intérieur-extérieur… Lire la suite…

La prise en compte du changement climatique est-elle un risque ou une opportunité pour l’industrie du nucléaire civil ?

08-01-2015 dans Industries et souveraineté

La prise en compte du changement climatique est-elle un risque ou une opportunité pour l’industrie du nucléaire civilL’accès à l’énergie conditionne les capacités de développement d’un pays et  d’une nation, comme en témoigne l’évolution de l’espérance de vie moyenne en France. De 30 ans en 1790, elle est passée à plus 75 ans en 2013, alors que dans le même temps la consommation individuelle d’énergie a été multipliée par 14. Pour les deux milliards d’êtres humains vivant aujourd’hui sans électricité, l’espérance de vie est de 36 ans, soit un niveau proche de la France il y a deux siècles. En parallèle, l’émission de gaz à  effet de serre a augmenté de manière exponentielle provoquant un réchauffement global de la planète, lui-même source de modifications climatiques majeures.

Les scientifiques pointent depuis deux décennies la responsabilité des activités humaines dans la survenue de  ces évènements, posant ainsi la problématique de la soutenabilité de notre modèle de développement, et notamment la possibilité de fournir à une humanité de plus en plus énergivore une quantité d’énergie suffisante tout en prenant en compte la nécessité désormais reconnue de protéger notre environnement naturel. Lire la suite…

La philanthropie d’influence menée par l’Azerbaïdjan

17-12-2014 dans Culture et influence

La philanthropie d’influence menée par l’AzerbaïdjanEn conflit gelé avec l’Arménie voisine au sujet du Haut-Karabakh, l’Azerbaïdjan lance une offensive de soft-power à destination de qui le voudra et surtout du monde occidental. L’objectif est double : dégager par « des dons » une bonne image du régime de Bakou et rassembler des soutiens diplomatiques pour récupérer l’objet du conflit avec Erevan. Décryptage de cette stratégie à travers l’un des principaux leviers d’influence de Bakou : le bras philanthropique HAF. Lire la suite…

Danone au Bangladesh : Le social business, outil de conquête des marchés BoP (base de la pyramide)

10-12-2014 dans Matrices stratégiques

Le social business de Danone au BengladeshEn 2005, lors d’une visite à Paris de Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix et pionnier du micro-crédit, le PDG de Danone, Franck Riboud, lui propose un entretien. Cette rencontre conduira à la création d’une joint-venture entre les groupes Danone et Grameen sous le nom de Grameen Danone Food Ltd, une société fonctionnant sous le modèle du social business : c’est-à-dire visant un objectif social mais devant rester économiquement viable, sans perte ni profit. Si l’objectif affiché de participer à l’amélioration des conditions de vie des populations bangladaises peut paraître louable, un autre niveau d’analyse laisse suggérer que Danone souhaite surtout profiter de son expérience au Bangladesh pour se développer auprès des marchés BoP asiatiques. Lire la suite…

L’absence de vision stratégique sur la filière hélicoptère en France

04-12-2014 dans Matrices stratégiques

L’absence de vision stratégique sur la filière hélicoptère en France​L’absence de lobbying efficace des directions nationales de l’aviation civile, des constructeurs et exploitants ainsi qu’un manque surprenant de vision stratégique lors de la révision de la réglementation JAR-OPS devenue IR-OPS, relative aux opérations aériennes commerciales, ont abouti à l’adoption d’une réglementation européenne en partie absurde. Les conséquences sur l’emploi, l’économie et les constructeurs de la filière hélicoptère monomoteur seront loin d’être négligeables. Lire la suite…