Les carnets inédits du Général Rivet viennent d’être publiés (Général Louis Rivet, Carnets du chef des services secrets, 1936-1944, Nouveau Monde éditions, 2010). Cet ouvrage donne un éclairage nouveau sur l’histoire du renseignement et du contre-espionnage français. Le général Louis Rivet fut le responsable des services spéciaux militaires français, du Front Populaire à la fin de l’Occupation. A ce titre, il est à la fois un grand témoin et un acteur incontesté de cette période tragique de notre pays.
Que retenir de ces carnets et des excellentes annotations des deux universitaires, Olivier Forcade et Sébastien Laurent ? Le pouvoir politique est absent de ses écrits. C’est logique, le général Rivet rend compte à ses chefs, ainsi qu’au général Gamelin. Mais c’est aussi l’une des clés pour saisir les fondements des erreurs stratégiques commises à cette époque par le pouvoir politique du côté français. Pour tracer la présence du politique dans la ligne de conduite des services spéciaux de l’époque, il faut lire entre les lignes de ces carnets. Par exemple, on y décèle la ligne de fracture entre la crainte du communisme et la crainte du fascisme qui ressort avec évidence des divergences sur la conduite à tenir à l’égard de l’Italie. Rivet était favorable à un dialogue avec l’Italie, les responsables du Front populaire ne partageaient pas cette analyse. Mais là n’est pas le plus important.
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