Les offensives commerciales des enseignes allemandes sur le marché européen de la grande distribution

18-01-2016 dans Matrices stratégiques

Les offensives commerciales des enseignes allemandes sur le marché européen de la grande distributionLa guerre entre les marques de la grande distribution est rude et de nombreuses entreprises ont dû se retirer suite à des tentatives échouées d’implantation à l’étranger. Le groupe français Carrefour a ainsi quitté 19 marchés étrangers au cours des 20 dernières années. Son homologue britannique, Tesco, a perdu 1,2 milliard d’euros en 2013 après avoir essayé de pénétrer sur le marché nord-américain. En 2006, Wal-Mart, le géant américain de la grande distribution a renoncé à ses efforts pour conquérir l’Allemagne et la Corée du Sud. Dans ce contexte, la franche réussite d’Aldi et Lidl tient réellement de l’exception.
Ces deux chaînes allemandes sont aujourd’hui considérées comme les leaders de hard discount, offrant la plupart du temps leurs propres marques de produits à des prix défiant toute concurrence. Le groupe Schwarz, propriétaire des marques Lidl et Kaufland, a récemment dépassé Carrefour avec un chiffre d’affaires progressant de 7% par rapport à l’année dernière, et est depuis devenu le plus grand distributeur sur le Vieux Continent. Alors que le duo allemand n’a de cesse d’accroître sa puissance en Europe, les groupes de supermarchés traditionnels ont tendance à se rétracter. Comment expliquerions-nous ce succès ? Lire la suite…

Les limites de la puissance commerciale russe en dehors du domaine énergétique

04-01-2016 dans Matrices stratégiques

Les limites de la puissance commerciale russe en dehors du domaine énergétiqueEn 1991, saigné par une course au armements qu’elle ne pouvait gagner, par une difficile guerre en Afghanistan (1979-1989), une démographie en berne et des problèmes d’alcoolisme hors normes, le géant soviétique implose sans que les Occidentaux n’aient eu à tirer un coup de feu. Tous les attributs géopolitiques de l’URSS s’effondrent et se répartissent en plusieurs républiques indépendantes. Une véritable période de chaos politique et économique s’ensuit. En 1993, l’intervention du Fonds Monétaire International (FMI) en faveur de la Russie vient achever le modèle économique soviétique en détruisant l’ensemble des cadres institutionnels et économiques hérités du système précédent. Le déchainement du libéralisme au sein de la nouvelle entité politique russe a l’effet d’un raz de marée. Il faut attendre 1998 pour que soit donné le coup de grâce, une crise économique majeure déstabilisant un pays déjà bien affaibli. Depuis la chute de l’URSS, la Russie ne connait que crise, conflits et chaos. Lire la suite…

Les Etats-Unis à l’attaque des fleurons de l’économie européenne: l’exemple Volkswagen

10-12-2015 dans Matrices stratégiques

Les Etats-Unis à l'attaque des fleurons de l'économie européenne: l'exemple VolkswagenLe 22 septembre 2015, l’affaire Volkswagen éclate au grand jour suite aux accusations faites par les Etats-Unis. Le groupe est accusé d’avoir trafiqué, entre 2009 et 2015, ses moteurs diesels par l’intermédiaire d’un logiciel afin qu’ils passent les tests de pollution. Le groupe allemand encourt une amende colossale qui pourrait s’élever à presque 16 milliards d’euros. L’agence américaine de protection de l’environnement (EPA) est à l’origine de l’affaire. Une enquête est également menée par le département de la Justice des Etats-Unis. Début 2014, l’université de Virginie-Occidentale est mandatée par l’ONG International Council on Clean Transportation (ICCT) afin d’étudier les émissions de moteurs diesels. Alertée, l’EPA débute en mai 2014 des investigations avec son homologue californien, le California Air Ressources Board (CARB) et en informe le constructeur. Lire la suite…

L’affrontement entre beIN Sports et Canal + sur les droits sportifs

04-12-2015 dans Matrices stratégiques

L’affrontement entre beIN Sports et Canal + sur les droits sportifsFiliale d’Al Jazeera Network, société qatarie, en décembre 2011 est créée Al Jazeera Sports France. Cette dernière modifie son nom fin novembre 2012 pour beIN Sports France. La chaîne de télévision commence alors à s’opposer au Groupe Canal + dans l’acquisition de droits sportifs, tels la Ligue des champions ou l’Euro 2012. Les différentes ligues sportives (Ligue Nationale de Rugby, Ligue de Football Professionnel, etc) sont indirectement des acteurs de cet affrontement. Il leur revient, en effet, de choisir à quelle chaîne est attribuée la diffusion des rencontres sportives. Si l’affrontement des droits ne concernait, avant, que des entreprises françaises (Orange/Canal +), l’arrivée de ce nouvel acteur modifie radicalement le marché. Orange n’avait pas pour but de détruire Canal +, les deux entreprises demeuraient dans un schéma concurrentiel modéré, sain : le rapport de force s’est durci depuis lors. Lire la suite…

Les rapports de force économiques sino-indiens sur le marché automobile régional

27-11-2015 dans Matrices stratégiques

Les rapports de force économiques sino-indiens sur le marché automobile régionalEn recourant aux investissements étrangers directs (IDE), l’Inde accélère son développement en faisant assumer une partie de son coût à la Chine. Celle-ci augmente ses partenariats dans les domaines de l’infrastructure et des hautes technologies pour contrôler les futurs secteurs-clés de l’économie indienne. La compétition dans l’industrie automobile est un des fronts majeurs de cette confrontation économique entre nouveaux entrants. Lire la suite…

Les rapprochements énergétiques entre la Russie et la Serbie

24-11-2015 dans Matrices stratégiques

ALes rapprochements énergétiques entre la Russie et la SerbieLa Serbie, un carrefour énergétique

À la suite des guerres de l’ex-Yougoslavie des années 1990, la région a été totalement remodelée, des pays sont sortis gagnants ou perdants de ce conflit, tant au niveau des frontières, que des questions économiques. La Serbie, historiquement pays moteur de la région va connaître un démembrement de son territoire, de nombreux bombardements, des sanctions contribuant à des pertes de plusieurs milliards d’euros.
Du fait de son emplacement géographique, la Serbie se trouve à l’intersection des corridors paneuropéens IV, VIII et X. Ainsi, les grandes puissances cherchent à contrôler les ressources énergétiques et à s’implanter dans ce pays.
South Stream a été un projet ambitieux et porteur pour la Serbie ; il est aujourd’hui remplacé par le projet TurkStream (même s’il est également paralysé). Ce gazoduc aurait dû créer des milliers d’emplois et voir de nombreux investissements en Serbie. Les travaux avaient commencé, mais à cause des tensions entre la Russie et l’Union européenne, ce projet a été suspendu La Serbie devait recevoir de l’argent lié au transit du Gazoduc. Lire la suite…

Analyse d’un rapport de force, l’huile de palme : Greenpeace VS Nestlé

24-11-2015 dans Culture et influence

Analyse d'un rapport de force, l’huile de palme : Greenpeace VS NestléContexte de la campagne de déstabilisation

Depuis 2010, l’huile de palme représente 25% de la consommation mondiale d’huile, et devient ainsi l’huile la plus consommée au monde. On la produit principalement en Indonésie, Malaisie, Nigéria et Thaïlande, ce qui engendre de grands problèmes de déforestation dans ces régions (selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, elle serait responsable de 17 à 27% de la déforestation en Indonésie et en Malaisie). En réduisant ainsi le milieu de vie de nombreuses espèces protégées, elle a également un impact négatif sur la biodiversité de ces pays. Parmi les espèces protégées concernées, figure notamment l’orang-outan. Depuis lors, de nombreuses ONG, notamment WWF et Greenpeace, interviennent régulièrement auprès des multinationales et les appellent à faire cesser la déforestation liée à leur utilisation d’huile de palme. Un label avait même été créé en 2004, le RSPO (table ronde sur l’huile de palme), censé identifier les produits contenant une huile de palme « durable ». Lire la suite…

Pourquoi la campagne anti-TTIP est-elle plus efficace en Allemagne qu’en France?

28-10-2015 dans Culture et influence

Pourquoi la campagne anti-TTIP est-elle plus efficace en Allemagne qu’en France?Le 10 octobre 2015, des manifestations ont été organisées dans les grandes capitales Européennes par les opposants au « partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement » (TTIP ou TAFTA) qui vise à supprimer les barrières douanières et règlementaires entre les États-Unis et l’Europe.  Alors que 150 000 à 250 000 personnes défilaient à Berlin, seules quelques centaines de personnes se sont rassemblées à Paris.
Bien que 66% des Allemands soient favorable à la mondialisation pour les opportunités de croissance économique (47% pour les Français), seulement 31% des Allemands sont favorables à un accord de libre-échange et d’investissement entre l’Europe et les Etats-Unis (53% pour les Français). La pétition en ligne « Stop TTIP and CETA » totalise 3,2 millions de signatures dont 1,5 en Allemagne et seulement 0,3 en France. L’Allemagne qui profite beaucoup de la mondialisation est donc paradoxalement à la tête de la contestation et la société civile française pour l’instant en retrait. Quels sont les axes d’attaque des Anti-TTIP qui expliquent ce paradoxe ? Lire la suite…

La réforme de la politique de défense au Japon

12-10-2015 dans Matrices stratégiques

La réforme de la politique de défense au JaponLe 1er juillet 2014, la décision du conseil des ministres a profondément changé la politique de la défense du Japon d’après-guerre, en modifiant l’interprétation d’une partie de l’article 9. Cette résolution tolère l’utilisation du droit collectif (toujours avec certaines limites) et dessine une orientation vers un assouplissement de l’utilisation des armes.
Le 27 avril 2015, de nouvelles lignes directrices de la coopération militaire entre le Japon et les Etats-Unis (« Guidelines for Japan-U.S. Defense Cooperation ») ont été approuvées. Le précédent “Guidelines”, publié en 1997, avait pour objectif de faire face à d’éventuelles crises touchant la peninsule coréenne. Le contexte a changé depuis 18 ans : les nouvelles lignes directrices tiennent compte à la fois la protection du Japon face à la montée de la puissance chinoise dans la région et la préoccupation au sujet de l’arme nucléaire en Corée du Nord, et l’implication plus significative de FAD (Force d’Auto Défense, l’armée japonaise) dans l’alliance JP-US, y compris l’élargissement géographique du champ d’intervention. Elles soulignent le fait qu’il y a un « caractère global » dans l’alliance et que le mécanisme de coordination qui fonctionne en temps de crise aussi bien qu’en temps de paix sera établi afin d’améliorer la coordination opérationnelle et de renforcer la planification bilatérale.
Prononcé le 29 avril dernier devant le Congrès américain, le discours d’Abe a été un succès. L e premier Ministre japonais a été ovationné lorsqu’il a montré l’engagement très ferme du Japon pour le renforcement de la relation américano-japonaise. Il a precisé à ce propos qu’il était déterminé à faire adopter le projet de loi. Lire la suite…

Démarche latino américaine face à l’hégémonie des États-Unis

26-08-2015 dans Culture et influence

Démarche latino américaine face à l’hégémonie des États-UnisL’histoire du continent latino américain  a été marquée par les interventions militaires des États-Unis au XIXème et XXème siècle, qui ont touché presque tous les pays de l’Amérique Latine, et qui ont unifié une partie des populations dans un sentiment « anti yankee ».
La réintroduction d’expériences socialistes après l’expérience cubaine, déjà ancienne, est une résultante du changement d’image des États-Unis (d’un pays adulé à un empire qu’il faut craindre). L’ouverture des marchés et la crise de 1980 ont  entraîné des reformes financières et l’intervention du Fonds Monétaire International. Ces réformes ont provoqué une hausse de la pauvreté et des inégalités dans un grand nombre de pays.
Il en a résulté un mécontentement des milieux populaires, qui a permis l’avènement de gouvernements socialistes à partir de 1998, avec notamment l’élection d’Hugo Chavez à la présidence du Venezuela. Lire la suite…

L’approche offensive du Brésil dans l’agroalimentaire

24-07-2015 dans Matrices stratégiques

L’approche offensive du Brésil dans l’agroalimentaireEn réussissant à se positionner en moins d’un quart de siècle comme acteur mondial dans la production de poulets, le Brésil a fait la démonstration de l’efficacité d’une politique d’accroissement de puissance par l’économie dans un secteur qui est habituellement analysé sous le seul angle du marché. Le Brésil projette de fournir en moins d’une décennie près de la moitié du marché mondial de la volaille. Lire la suite…

La Chine à la conquête de l’Internet chinois

16-07-2015 dans Matrices stratégiques

La Chine à la conquête de l’Internet chinoisA l’apparition d’Internet, la Chine a très rapidement compris les intérêts de cette invention mais aussi les dangers pour le système autoritaire. Dès 1997, elle inscrit dans la législation l’interdiction d’utiliser Internet dans le but de porter atteinte à l’unité de la nation, d’encourager la discrimination ethnique, de diffuser des rumeurs ou de promouvoir la violence et le terrorisme.
Aujourd’hui, face à l’émergence des réseaux sociaux et le mécontentement grandissant d’une population ouverte vers l’étranger, la Chine prend des mesures de plus en plus drastiques pour contrôler l’Internet du pays. Le gouvernement chinois  ne cache pas son ambition de le contrôler, voire même de développer son système de censure à l’international (axe d’accroissement de puissance n°2).
Avec l’apparition de grandes compagnies telles que Tencent qui regroupe de nombreux réseaux sociaux, il apparait évident que la Chine cherche à empêcher les Etats-Unis d’avoir une trop grande place sur le territoire. Nous parlons souvent du soft power chinois par les instituts Confucius mais dans le domaine du cyberespace, la Chine ne veut pas tant influencer que d’éviter d’être influencée (axe d’accroissement de puissance n°1). Lorsque l’on répertorie les différentes actions du gouvernement sur Internet, tout porte à croire que Pékin souhaite créer un Internet uniquement chinois et contrôlé par les organes spécifiques du PCC. Lire la suite…

Un cas d’accroissement de puissance dans le transport maritime

09-07-2015 dans Matrices stratégiques

Un cas d’accroissement de puissance dans le transport maritime90% des produits du commerce mondial passent aujourd’hui par la voie maritime. Cette évolution est inextricablement liée au phénomène de mondialisation dont il est l’un des principaux vecteurs car c’est en effet par la mer que transitent les matières premières et les biens manufacturés. L’étude du commerce maritime est cependant rendu complexe par les strates multiples qui existent au sein d’une opération de transport d’une marchandise d’un port à un autre et qui multiplient les acteurs: l’armateur (qui fournit l’équipage, le matériel et le ravitaillement), l’affréteur (qui fournit le navire), le port d’accueil et de départ où rentrent en jeu les manutentionnaires, les sociétés de remorquage, de pilotage, les propriétaires des marchandises, les vecteurs d’une usine à une autre,… A ces acteurs concrets, il faut ajouter l’appareil administratif qui entoure le commerce maritime: les agents, les commissionnaires, les assureurs. Tous ces acteurs rentrent en interaction et peuvent parfois engendrer des lourdeurs administratives, dont par exemple la gestion d’un retard de livraison qui prend rapidement une grand importance, au vu des enjeux et des acteurs. Enfin, pour mesurer la puissance de cette industrie, il convient de rappeler qu’en 2010 le tonnage mondial, en constante augmentation, s’élevait à 1 276 millions de tonnes de port en lourd. Lire la suite…

La politique de reconquête de souveraineté de Victor Orbán en Hongrie

01-06-2015 dans Matrices stratégiques

La politique de reconquête de souveraineté  de Victor Orbán en HongrieAu pouvoir depuis 2010, après une première expérience en 1998, la politique menée par la Fidesz et son leader Viktor Orbán s’est caractérisée par des mesures fortes en faveur d’une centralisation du pouvoir et des intérêts nationaux. Dans son argumentaire, Orbán fait le constat d’une Europe au modèle libéral failli, qui a couté cher à la Hongrie. Il promeut donc un modèle unique à la Hongrie, en marge de la politique des autres Etats membres.
Cette politique suscite régulièrement le mécontentement des autorités européennes et des gouvernements nationaux qui lancent régulièrement des procédures d’infractions à l’égard de la Hongrie. Les multinationales, qui souffrent de politiques économiques discriminatoires, pressent l’UE à plus de fermeté. Mais jusqu’à présent, la Hongrie flirte avec la ligne jaune sans réelles conséquences, au nom de la reconquête de sa souveraineté nationale. Seuls les Etats-Unis ont haussé le ton le 17 octobre 2014, en interdisant l’entrée sur leur territoire de certains proches du gouvernement accusés de corruption. Dénoncé à l’Ouest, Orbán a trouvé de nouveaux alliés dans le cadre de sa politique de « réorientation vers l’Est », en resserrant les liens avec la Russie et la Chine. Lire la suite…

Hong Kong : une puissance asiatique sous influence

07-05-2015 dans Culture et influence

Hong Kong : une puissance asiatique sous influenceEn 1839, la première guerre de l’opium éclate à Hong Kong. Ce conflit militaire, motivé par des raisons commerciales entre le Royaume-Uni et l’empire Qing en Chine est considéré comme la première manifestation du déclin de l’Empire de Chine, incapable de résister à l’Occident.
Les Britanniques conquièrent Hong Kong (alors un avant-poste mineur) et en font une tête de pont. Ils capturent le fort qui gardait l’embouchure de la rivière des Perles — la voie maritime entre Hong Kong et Guangzhou. C’est l’instauration d’une domination britannique sur cette région du monde avec le commerce de l’opium qui doublera en 25 ans. Lire la suite…

La culture au service de la puissance sud-coréenne

28-04-2015 dans Culture et influence

La culture au service de la puissance sud-coréenneEn 1954, au lendemain de la guerre de Corée, le pays du miracle sur la rivière Han était une nation dévastée, sans infrastructures ni ressources. L’économie coréenne s’est cependant développée rapidement, soutenue par une longue tradition autoritaire incarnée par Syngman Rhee (1948-1960), Park Chung-Hee (1962-1979) et Chun Doo-Hwan (1980-1988). Tous trois ont érigé le redressement économique comme priorité nationale et ont pour cela choisi de miser sur les forces vives du pays.
La Corée du Sud ayant peu de ressources naturelles, les présidents Rhee et Park ont parié sur le développement du capital humain en réformant en profondeur le système éducatif coréen. Le taux d’alphabétisation est alors passé de 22 % à 87,6 % de 1945 à 1970, et l’accès aux enseignements secondaire et supérieur s’est progressivement démocratisé.
Selon Randall S. Jones, chaque phase d’investissement a nourri la croissance de la Corée et a permis son succès actuel en tant qu’économie du savoir.
Aujourd’hui 14ème puissance économique mondiale selon la Banque Mondiale, la République de Corée souffre toujours d’un déficit d’image projeté par son voisin du nord. Afin d’en contrer les effets négatifs, notamment économiques, elle cherche à se différencier et a choisi de déployer une véritable stratégie en terme de rayonnement. Lire la suite…

Le cas exemplaire de l’échec de Rupert Murdoch en Chine continentale

19-04-2015 dans Matrices stratégiques

Le cas exemplaire de l’échec de Rupert Murdoch  en Chine continentaleCe cas exemplaire d’affrontement entre un Etat communiste et  une multinationale américaine met en valeur l’opposition entre deux visions politiques et culturelles, opposées, autocentrées et hermétiques du monde, d’un pays aux coutumes millénaires replié sur lui-même depuis cinquante ans face à un entrepreneur capitaliste multimilliardaire et confiant, originaire d’un pays jeune exerçant un pouvoir hégémonique sur les relations internationales depuis la Seconde Guerre Mondiale. En contrant le symbole de la réussite capitaliste américaine sur son territoire, le gouvernement chinois envoie un signal au reste du monde : il reste la clef de voute du système. Tout investissement étranger ne pourra se réaliser sans son accord. L’ouverture économique ne rimera pas avec laisser-faire, surtout sur le plan culturel et idéologique. En conservant une économie chinoise encadrée par un système politique et non l’inverse, le gouvernement chinois impose aussi un modèle d’ouverture différent de celui de l’Europe de l’Est. Lire la suite…

L’énergie : axe d’accroissement de puissance de la Turquie

08-04-2015 dans Matrices stratégiques

L’énergie : axe d’accroissement de puissance de la Turquie

Véritable pont entre l’Europe et l’Asie, la Turquie a une importance stratégique majeure à plusieurs égards. Positionnée aux côtés des Etats-Unis durant la Guerre Froide, et même membre de l’OTAN, la Turquie avait déjà un rôle très important durant le conflit comme point pivot de la stratégie de l’OTAN dans la région.  Avec la chute de l’URSS, la Turquie a vu s’offrir un nouveau rôle et avec lui de nouvelles opportunités.

Présentation des acteurs et du rapport de force

Placée entre l’Europe, la Russie, les pays producteurs de pétroles avec qui elle partage ses frontières (Iran et Azerbaïdjan) et les Etats-Unis qui ne sont jamais loin dans la région, la Turquie fait face à des enjeux économiques, politiques et diplomatiques complexes.
La Turquie importe 60% de son gaz naturel et 12% de son pétrole de Russie, ce qui la rend très dépendante de Moscou sur le plan énergétique. Seulement, Ankara bénéficie d’une position géostratégique. Elle est en effet voisine d’une région où se trouvent 70% des ressources hydrocarbures mondiales. Ses relations privilégiées avec des pays comme l’Iran et l’Azerbaïdjan, ou encore le Turkménistan et le Kazakhstan lui offrent des solutions pour diversifier ses partenaires énergétiques.
De plus, l’Europe grande consommatrice d’hydrocarbures, et dans une relation toujours délicate avec Moscou, cherche à se rendre moins dépendante du géant russe qui est son principal fournisseur d’énergie. Ainsi, la Turquie devient un corridor énergétique de premier plan pour acheminer le gaz et le pétrole des pays producteurs. Lire la suite…

Les labels de certification face au devoir de probité

Les labels de certification face au devoir de probitéLa journaliste scientifique Valérie Borde, conférencière et spécialiste des questions d’éthique environnementale a commis dernièrement un article sur l’affaire qui secoue aujourd’hui le microcosme de l’industrie de l’exploitation forestière.

Alors que la compagnie forestière PFR vient de perdre un contrat majeur de fourniture en raison d’une attaque de Greenpeace sur sa production, et notamment en raison d’une absence de certification FSC, la société a mis 85 de ses collaborateurs au chômage. Lire la suite…

Les techniques d’influence de la Banque Centrale Européenne

31-03-2015 dans Matrices stratégiques

Les techniques d’influence  de la Banque Centrale EuropéenneDepuis 1999, la politique monétaire des pays de la zone euro a été complètement transférée à une institution supranationale: la Banque Centrale Européenne (BCE). Cet organisme a une place originale dans les dispositifs européen car il fonctionne de manière totalement indépendante tout en ayant une mission restreinte mais contraignante pour les pays membres: assurer la relative stabilité des prix. Cette position particulière, loin d’être un handicap, est devenue pour lui un atout. Si son indépendance et le manque de contrepoids supranational suscite régulièrement de vifs débats, a contrario aucune étude n’a, à ce jour, cherchée à comprendre comment au-delà de sa mission de stabilité monétaire, la BCE a acquis un poids politique et une influence sur la conduite des affaires économiques et sociales. Les crises économiques mondiales de 2008 et Européenne de 2011 ont conduit à une remise en cause des mécanismes du capitalisme financier global et européen. Comme d’autres banques centrales en temps de crise, la BCE a su saisir cette opportunité pour accroître sa puissance, de par sa position de prêteur de dernier ressort, véritable garant de l’existence économique de la zone euro. Pour poursuivre sa politique de puissance, elle doit composer avec d’autres acteurs d’importance : les autres banques centrales, les gouvernements, et les institutions de l’Union Européenne. Lire la suite…