Petit rappel historique à nos amis américains
La Résistance qu’oppose la France à la velléité belliqueuse des Etats-Unis dans la crise irakienne irrite et exaspère les Américains. Face à ce non-alignement de notre pays sur les vues de Washington, la presse anglo-saxonne, acceptant mal l’affront ainsi fait à la "hyper-puissance" , s’est déchaînée ces dernières semaines
Face aux attaques malsaines et aux sous-entendus douteux concernant le comportement des Français en 1940, Infoguerre aime à citer cette phrase de Jean-Luc Godard tirée d’un précédent article d’octobre 1999 : Les Américains, dit Godard, ont toujours attendu que l’Europe s’entre-tue pour intervenir ; ils sont venus quand tout le monde était fatigué, jamais au début; ni en 1914 ni en 1940. Tout ce qu’ils veulent c’est envahir. Ils veulent envahir parce qu’ils n’ont pas d’Histoire … .
En outre, nous voulons informer nos alliés d’outre-Atlantique, qui semblent méconnaître une partie de l’histoire, que 120 000 soldats français ne les ont pas attendus en 1940 pour se faire tuer afin d’arrêter l’invasion allemande.Comme l’a déjà fait le Général de Boissieu (article du mois d’août 2002 dans le supplément TV du Figaro), nous souhaitons rappeler à tous qu’il ne faut pas renier ni occulter le rôle des Français dans la lutte contre l’occupant allemand et dans la libération de notre territoire et de l’Europe.
Pour porter un coup d’arrêt à un sentiment de culpabilité trop longtemps entretenu et orchestré, nous pensons, comme le souligne le Général de Boissieu dans l’entretien mentionné ci-dessus, qu’il est essentiel de se souvenir que le premier mort du débarquement fut un breton de 29 ans, le Caporal Emile Bouetard tombé sous les balles ennemies à 0h25 le 6 juin 1944 (la Easy Company, dont les “exploits” sont relatés dans le feuilleton télévisé « Band of Brother », n’a sauté que vers 1h00 du matin !).
Nous pensons qu’il n’est que temps de mettre en lumière le rôle joué par certains individus, civils, militaires, de carrière ou réservistes, qui en France occupée, mais aussi à Londres et en Afrique ont tenté par tous les moyens d’entraver l’action des forces de l’Axe.
On citera à ce titre le rôle des réseaux Paillole (services de renseignement de Vichy), le rôle de l’Armée Secrète des Généraux Frère, Delestraint , (tous les deux morts en déportation), ou Valette d’Osia.
On ne peut pas passer sous silence le rôle de l’Armée d’Afrique, commandée par le Général Juin, qui débarqua en Corse, en Sicile, puis en Italie où les Tirailleurs algériens prirent d’assaut Monte-Cassino.
On oublie trop souvent aussi de souligner le rôle clef joué lors du débarquement en Provence, de la 1ère Armée française commandée par de Lattre de Tassigny… oublié aussi rôle des maquis souvent encadrés par des officiers d’active ou de réserve tel Tom Morel ou le Capitaine Anjot dans les Glières (tous les deux trouveront la mort lors de l’attaque du plateau).
Oubliés, les 178 français libres du Commando N°4 (amalgamés à 500 britanniques), qui sous les ordres de Philippe Kieffer eurent le privilège de débarquer à Sword Beach devant les Britanniques.
Oubliés les sacrifices consentis lors des premières actions de reconnaissances menées en Europe, comme par exemple la disparition aux Pays-Bas en février 1944 du Capitaine Trepel. Oublié le « french squadron » intégré à la brigade SAS du Capitaine Stirling dont un de ses membres l’Aspirant Zirnelhd agrégé de philosophie écrira la célèbre « prière du para » avant de mourir sous les balles des Stukas à 29 ans.
Pour s’assurer de l’immense sacrifice de nos soldats, il n’y a qu’à consulter la liste des “parrains” des promotions d’Elèves Officiers de Réserve de Coëtquidant, Montpellier, Draguignan ou Saumur pour s’apercevoir tant en 1940 que durant les combats de la libération, les Français n’ont pas démérité.
Ne parler que de l’unique sacrifice des Boys américains est une insulte à la mémoire des Canadiens, Britanniques, Tabors marocains, Tirailleurs algériens ou sénégalais, paras de la France libre, FFI ou FTP dont les cadavres jonchent les routes de Sedan à Dunkerque et les plages de Normandie, de Provence mais aussi de Corse, de Sicile et d’Italie, et jalonnent les sentiers de la guerre qui les mena de Strasbourg à Colmar, et des Ardennes au nid d’Aigle…tout le mérite de cette conquête symbolique du QG d’Hitler, revenant à la pugnacité des troupes de la 2ème DB du Général Leclerc !
Philippe Esclavier




















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