La stratégie de la Russie est dangereuse car sa filière bois n’a pas uniquement des intérêts en mer Baltique, mais également en Chine. Tout relèvement des tarifs devrait en théorie s’appliquer aux firmes chinoises qui transforment le bois Russe. Notons également que les Japonais ont des intérêts dans la filière bois finlandaise et que les Américains, autres géants forestiers et qui disposent de la compagnie International Paper, surveillent forcément de près l’évolution de Stora Enso, le numéro 2 finno-suédois du secteur. La Russie semble jouer indubitablement la carte de l’accroissement de puissance vis-à-vis des pays scandinaves. Ses ambitions industrielles, notamment dans le processus d’intégration verticale de la filière bois, ne sont pas négligeables. Mais la crise économique qui frappe l’économie n’épargne pas la Russie et les investissements lourds qui devaient être réalisés sont remis à une date ultérieure. La Russie n’a donc aucune chance de pouvoir traiter l’ensemble de sa production sylvicole : elle est donc contrainte d’exporter sa ressource naturelle pour ne pas perdre de marchés, d’autant plus que les finlandais et les suédois menacent de se tourner vers d’autres fournisseurs, voire d’intensifier leur production propre. En mars 2008, il est toujours question d’implémenter cette hausse de taxe au 1er janvier 2009, au grand dam des Européens qui sont contraints à adopter une position forte pour défendre les pays scandinaves.
Lire la suite…