Edito : Combler le vide stratégique !

le vide strategique philippe baumard 150x150 Edito : Combler le vide stratégique ! influence strategieLe dernier ouvrage de Philippe Baumard (le vide stratégique, CNRS éditions) ouvre enfin le débat de fond que fuit le monde politique depuis la fin du gaullisme. Professeur atypique et hors normes de l’université française, Philippe Baumard a une qualité essentielle : il dit ce qu’il pense. A ce titre, il sort des sentiers battus qu’empruntent souvent ses pairs, à l’image d’un Jean Hervé Lorenzi, Président du cercle des économistes, qui ne cesse de répéter à qui veut bien l’entendre qu’il ne peut pas faire de pronostics sur l’avenir ! Cette prudence verbale, — que vous ne trouverez pas dans Le vide stratégique montre combien la science économique est en train de basculer dans le sophisme ! Il faut bien admettre que la pensée dominante des dernières décennies, symbolisée par le discours des économistes contemporains, est chahutée par les vicissitudes de l’Histoire (le libéralisme remis en cause par le modèle atypique développée par une dictature communiste comme la Chine), laminée par sa vision mono culturelle du monde (hors de l’analyse du marché et de la finance, point de salut pour comprendre la mondialisation), et aux antipodes de la transdisciplinarité dans la quelle les sciences dures se sont engagées depuis longtemps. Dans son ouvrage, Philippe Baumard a évité cet écueil. Il a osé sortir de la bulle contemplative en abordant la question centrale de la stratégie.

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Les stratégies de puissance technologique des nations

26-08-2004 dans Doctrines

Nous publions avec l’accord de l’auteur un article extrait de l’ouvrage collectif réalisé sous l’égide de l’Ecole de guerre économique La France a-t-elle une stratégie de puissance économique ? (Mars 2004 éditions Lavauzelle)

Les stratégies de puissance technologique des nations : de la maîtrise des actifs critiques à la stratégie de dominance

La question de la puissance revêt une signification toute particulière dans le monde de la technologie et de la recherche. La domination d’un domaine de recherche est un travail de longue haleine. Elle se prépare dès l’éveil des premières scolarisations, s’ajuste dans l’enseignement secondaire, se déploie dans le supérieur, et est pleinement activée dans le monde industriel. Là plus qu’ailleurs, l’enjeu de « suprématie » est un enjeu de façonnage et de contrôle d’écosystèmes, qui s’étendent de l’éducation jusqu’aux modèles de consommation. La domination des standards techniques et la quantité de brevets détenus n’est qu’un artefact d’une stratégie de puissance technologique. Nous essaierons dans cet article de couvrir, en trois volets, les trois dimensions critiques d’une stratégie de puissance technologique.

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La France sans doctrine de puissance économique

26-08-2004 dans Doctrines

Nous publions avec l’accord de l’auteur un article extrait de l’ouvrage collectif réalisé sous l’égide de l’Ecole de guerre économique La France a-t-elle une stratégie de puissance économique ? (Mars 2004 éditions Lavauzelle)

La France sans doctrine de puissance économique

« La guerre contre l’Irak a révélé un non-dit : le bilan non-écrit de la politique étrangère du Général de Gaulle. En 1969, le créateur de la Vème République a quitté le pouvoir sans avoir fait la démonstration d’une troisième voie possible entre l’axe atlantique et le communisme. Il avait pourtant essayé de redonner à notre pays l’esquisse d’une dimension dramatiquement perdue en juin 1940. Mais son combat solitaire contre la suprématie américaine (critique de la guerre du Vietnam, politique du franc fort contre le dollar, revendication du Québec libre) ne l’avait conduit qu’à se faire décrier par son propre peuple…

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Sécurité économique et puissance globale

26-08-2004 dans Doctrines

Affirmer que l’intelligence économique et stratégique est une politique publique, c’est reconnaître trois réalités majeures, décisives pour notre avenir collectif :

• La production de savoir à haute valeur ajoutée, gage de compétitivité, s’enracine dans une coopération vigoureuse entre le secteur privé et le secteur public.

• La conquête de nouveaux marchés (ou la préservation de ceux déjà acquis) repose en partie sur des dynamiques d’influence qui réclament la connivence de l’État et des entreprises.

• La puissance globale, nationale et européenne, se nourrit de la santé de la prospérité des entreprises.
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Intelligence territoriale et compétitivité nationale

26-08-2004 dans Culture et influence

Le but de l’intelligence territoriale est de contribuer à rassembler des énergies et des compétences diverses au service de la compétitivité de nos territoires, car l’évolution historique qui explique le développement de l’intelligence économique n’exige pas l’adaptation des seuls grands groupes. Les régions, elles aussi, sont impliquées dans la compétition commerciale internationale : leurs PME/PMI ne peuvent plus bénéficier, comme par le passé, d’un territoire national protégé. La concurrence est devenue leur préoccupation quotidienne. De surcroît, dans la mesure où bon nombre de ces petites et moyennes entreprises sont les sous-traitants des géants de l’économie internationale, leur destin se révèle lié à celui de ces derniers. Lire la suite…

Edito : Sortir du triangle des Bermudes

01-08-2004 dans Edito

Le triangle des Bermudes de la pensée stratégique française pourrait être symbolisé par le croisement de trois problématiques : la multipolarité croissante d’une partie du monde, le nouveau champ de conflictualité induit par la société de l’information et la lente mutation du concept de puissance depuis la fin de la guerre froide. La multipolarité symbolisée par l’émergence de la Chine et de l’Inde et surtout le jeu de go qui en découle, remet en cause le confort de lecture que nous avions des relations internationales depuis la fin de la seconde guerre mondiale. L’équation progrès scientifique + démocratie + mondialisation n’aboutit pas à la disparition des rapports de force, sans cesse relancés par les appétits des pays en recherche de puissance. Au contraire, on assiste aujourd’hui à une remise en cause du mythe de la science comme éternel facteur de bien, à l’émergence d’un doute rampant sur l’efficacité du modèle démocratique sans oublier la fragilité de la croyance sur le facteur intégrateur, voire pacificateur de la mondialisation. Lire la suite…

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