Cinquante années d’accroissement ininterrompu du bien-être sous le parapluie nucléaire américain non seulement ont sapé la conscience de soi des européens, mais on endormi leur vigilance et détruit leur volonté de se défendre. La richesse sans défense est toujours une invitation au rapt et au pillage. La puissance est comme l’eau : elle ne connait pas d’espace vides.
Toutes les crises qui agitent l’humanité sont autant de défis lancés aux Européens pour qu’ils s’envisagent comme une communauté d’ethnies, grandes et petites, qui s’autodéterminent, auxquelles une histoire millénaire crée des obligations mutuelles sur leur sol ancestral et qui s’affirme, en s’associant, si possible à ce projet Russes et Ukrainiens, comme le bastion du droit à l’autodétermination au sein d’un monde où partout partout les minorités sont bafouées.
Au début du 21ème siècle, il ne devrait d’ailleurs plus exister, en Europe même, de minorités linguistiques ou ethno-culturelle puisque d’ici là, toutes devraient avoir les mêmes droits.
Or, dans ce domaine également, il ne faut rien espérer de Maastricht ni de Bruxelles.
Comme jamais auparavant, le monde est plein de développements non encore parvenus à échéance. Plus que jamais, l’avenir est la grande inconnue. En revanche, les constantes sont les réalités spatiales naturelles. Et la pensée en termes de continents – qui constitue la trame de cet ouvrage – est en même temps la pensée en termes de siècles, pour autant qu’il en reste encore à une humanité qui pille sans vergogne la planète ou elle vit.
Jordis von Lohausen
129 Francs
Editions Le Labyrinthe
Lire la suite…